Israël-Palestine : Les colonies menacent les négociations de paix

La deuxième session de pourparlers de paix israélo-palestiniens a marqué le pas lundi, les Palestiniens refusant d’examiner des questions de fond tant que l’Etat hébreu n’aura pas accepté de geler ses implantations controversées dans les environs de Jérusalem. Le négociateur palestinien Saëb Erekat a qualifié ces discussions, les premières en sept ans, de «très difficiles» en raison du refus israélien de s’engager à suspendre l’ensemble de ses activités de colonisation comme le demande «la feuille de route» internationale pour la paix. «C’est illégal», a déclaré Erekat aux Israéliens. Les négociateurs israéliens ont rétorqué que la «feuille de route», ressuscitée lors de la conférence de paix d’Annapolis (Maryland) en novembre, demandait également aux Palestiniens de mettre au pas leurs activistes en Cisjordanie ainsi que dans la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le président palestinien Mahmoud Abbas se reverront dans le courant de la semaine pour tenter de relancer la dynamique de paix issue de la réunion d’Annapolis. Lors cette conférence, les participants avaient convenu de parvenir à un accord sur la création d’un Etat palestinien indépendant d’ici le départ, en janvier 2009, du président américain George W. Bush de la Maison-Blanche. Avant les discussions de lundi, des membres du gouvernement israélien s’étaient réunis pour envisager d’assouplir les conditions de libération de détenus palestiniens. Réduire les restrictions imposées par Israël sur la libération de prisonniers «ayant du sang sur les mains» fait partie des mesures envisagées en vue d’un échange avec le Hamas pour la libération du sergent israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006. Le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnai, a déclaré à Radio-Israël que Marouane Barghouti, dirigeant emprisonné du Fatah et possible successeur de Mahmoud Abbas, pourrait figurer parmi les candidats à la libération.
Les Palestiniens ont prévenu que les négociations de fond sur le tracé des frontières, le sort de Jérusalem et les réfugiés palestiniens ne débuteraient pas tant qu’Israël n’aurait pas cessé les constructions dans les colonies, comme l’exige la «feuille de route» acceptée par les deux parties. Ce document requiert aussi des Palestiniens qu’ils mettent au pas leurs activistes, une obligation qui, selon Israël, doit être remplie en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, avant qu’un Etat palestinien puisse voir le jour. Mahmoud Abbas a dit ne pas comprendre pourquoi Israël «se livre à une activité de colonisation effrénée pendant les négociations sur le règlement final». Il a ajouté que les négociateurs palestiniens soulèveraient la question chaque fois qu’ils en auraient l’occasion. Le Premier ministre Salam Fayyad a estimé que le projet de constructions israélien «sabotait les efforts de négociation».

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