Israël poursuit sa politique de chantage

Israël poursuit sa politique de chantage

Le nouveau président de l’Autorité palestinienne n’aura aucun répit et ne bénéficiera d’aucune période de grâce de la part d’Israël. C’est sur ce constat que Mahmoud Abbas a pris les commandes de la nouvelle Autorité. « Abbas doit lutter contre le terrorisme et déployer ses forces pour essayer de stopper les tirs des roquettes Qassam et d’obus de mortiers. Israël ne lui octroie pas une période de grâce à cet effet », a déclaré à l’AFP un haut responsable à la présidence du conseil à Jérusalem, sous couvert d’anonymat.
Sommé de la sorte d’agir contre les groupes armés, après qu’Ariel Sharon ait décidé de geler tout contact avec lui, Abou Mazen aura entamé son mandat de manière tumultueuse. S’y attendait-il ? Certainement, car, au fil de son expérience passée auprès du président défunt, Yasser Arafat, Mahmoud Abbas a été, à maintes reprises, confronté aux propositions sournoises israéliennes. Mais là, en tant que nouveau leader de l’Autorité palestinienne, il se retrouve au premier plan d’une responsabilité pour le moins pas évidente.
Fidèle à ses convictions, Abou Mazen a appelé, comme il l’a toujours fait, à l’arrêt de la lutte armée, prônant un retour à la table des négociations avec les Israéliens et une reprise des pourparlers de paix. Son appel au calme à l’intention des mouvements armés a, semble-t-il, été privilégié devant l’emploi de la manière forte à l’encontre de ceux-ci.
« J’appelle à l’arrêt de toutes les opérations militaires qui portent atteinte à l’intérêt national. Ces opérations donnent des prétextes à Israël pour saboter la stabilité palestinienne et l’application de la Feuille de route », avait-il déclaré lors de sa prestation de serment.
Le discours du nouveau président palestinien bénéficie, notamment, du soutien du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui, à son tour, a appelé à l’abandon de la lutte armée contre Israël.
Du coup, soutenu par son gouvernement, Mahmoud Abbas a commencé par donner des instructions claires aux forces de l’ordre palestiniennes, afin que celles-ci s’opposent aux attentats anti-israéliens. « Abou Mazen et le gouvernement ont donné des instructions claires aux chefs des services de sécurité pour empêcher tous types de violence, dont les attentats contre les Israéliens », a déclaré à Reuters Kadoura Fares, ministre sans portefeuille.
Les directives données aux Forces de sécurité palestiniennes interviennent après un week-end sanglant dans la bande de Ghaza. Les incursions de l’armée israélienne ont fait plusieurs victimes palestiniennes, suite à la carte blanche donnée par Ariel Sharon aux généraux israéliens pour mettre un terme, par tous les moyens, aux activités des groupes armés palestiniens dans la bande de Ghaza.
L’armée israélienne, qui n’a pas besoin d’autant de précisions pour accomplir sa besogne habituelle contre les civils palestiniens, n’y est pas allée de main molle. Présentée comme bavure, une opération a coûté la vie à une femme et son fils dans leur domicile dans la bande de Ghaza. En effet, un char ayant ouvert le feu sur une habitation a tué une femme et son fils de 27 ans, blessant grièvement le père.
C’est ce que les Israéliens présentent, sans vergogne, comme des opérations « localisées ». Encore faut-il retenir que les raids meurtriers de ce week-end sont inscrits par l’armée israélienne dans le cadre de «raids modérés». Une «modération» qui durera, selon les responsables israéliens, entre deux ou trois semaines.
Les décisions israéliennes n’étant jamais prises de façon «unilatérale», la Maison-Blanche exige de Mahmoud Abbas de prendre des mesures « énergiques » pour mettre un terme à la lutte armée. «Avec ces nouveaux attentats à la bombe ( ) il faut s’attendre à ce qu’un gouvernement prenne des mesures », a déclaré, selon Reuters, Dan Bartlett, conseiller à la Maison-Blanche, au sujet de la décision israélienne de couper les liens avec Mahmoud Abbas, après l’attentat qui a coûté la vie à six Israéliens.
Mais que peut, au juste, faire le nouveau président de l’Autorité palestinienne pour persuader les groupes palestiniens de cesser la lutte armée, tant qu’Israël décide, quand il veut et où il veut, d’envoyer ses troupes massacrer du civil palestinien ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *