Israël réagit positivement

Raanan Gissin, porte-parole du Premier ministre israélien Ariel Sharon, a déclaré que le texte du communiqué final est « encourageant, et il faut voir comment il se traduira concrètement sur le terrain.
C’est un progrès qui peut nous rapprocher d’un retour à la table des négociations». Les présidents égyptien Hosni Moubarak et syrien Bachar Al-Assad, et le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdelaziz avaient exprimé samedi leur souhait « sincère » d’une paix avec Israël et rejeté «la violence sous toutes ses formes». Washington avait exhorté Israël « à garder à l’esprit ses responsabilités pour protéger la paix dans la région et à travailler » en vue de la paix. Selon la radio publique israélienne, l’armée israélienne a commencé dimanche à démobiliser ses réservistes récemment rappelés pour d’éventuelles représailles dans la bande de Ghaza après l’attentat suicide de mardi à Rishon-le-Tzion, par un activiste du Hamas. Le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer affirmait en séance hebdomadaire du gouvernement qu’«Israël se réserve toutes les options».
Selon David Maguen, président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Israël a différé sa riposte « parce qu’il recueille les fruits de la dernière visite de M. Sharon à Washington, et qu’il y a eu des développements très positifs, notamment à Charm El-Cheikh ». Ariel Sharon se préparait quant à lui pour la réunion du comité central de son parti, le Likoud, dans l’après-midi à Tel-Aviv, où il devait être attaqué par son principal rival, l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, à propos de ses récentes déclarations dans lesquelles il s’est publiquement prononcé pour la création d’un Etat palestinien. Mais, le quotidien « Al Watan », qui commentait le sommet tripartite de Charm El-Cheikh prévient que «la phase actuelle est plus grave que ce l’on peut penser car une éventuelle impasse dans les efforts de paix ouvrirait la voie à la guerre ».
«Et c’est exactement ce que Sharon, politiquement assiégé de tous bords, cherche à faire avec les Arabes pour sortir de sa propre impasse », note le journal. Pour sa part, Shimon Peres, le chef de la diplomatie israélienne, a indiqué qu’une conférence de paix pour le Proche-Orient pourrait se tenir en juin en Italie, où il a rencontré Mohammed Rachid, conseiller du président palestinien Yasser Arafat. Dans une interview à la chaîne de télévision américaine CNN, il a indiqué que son pays ne recherchait pas « une victoire militaire », mais plutôt « une ouverture politique » dans le processus de paix.
De son côté, le secrétaire général du gouvernement palestinien Ahmed Abderrahmane, a estimé que les attentats suicide en Israël desservaient la cause palestinienne et a exhorté le Hamas à y mettre un terme, demandant aux groupes armés de « limiter la résistance aux territoires de 1967 ». Cette relative désescalade intervient alors que plus de 60.000 pacifistes israéliens se sont rassemblés samedi soir à Tel-Aviv pour une manifestation d’une importance sans précédent depuis le début de l’Intifada, en septembre 2000. Quasiment absent de la scène publique depuis le début, le 29 mars, de l’agression militaire israélienne massive en Cisjordanie, largement approuvée en Israël, le camp de la paix a savouré samedi soir « un tournant radical », selon les mots de Arye Arnon, l’un des dirigeants du mouvement « La paix maintenant », co-organisateur de la manifestation. « Retrait des territoires (palestiniens) pour le salut d’Israël»: le mot d’ordre du rassemblement se partageait la faveur des très nombreuses pancartes brandies par la foule avec d’autres calicots comme «l’occupation nous tue tous » ou «la paix maintenant». L’armée d’occupation israélienne avait mis un point final à son agression « Rempart » en Cisjordanie, vendredi en se redéployant autour de Beit Lahm après avoir levé son siège de la basilique de la Nativité. Un premier office grec orthodoxe, de « reconsécration », s’est tenu dimanche dans le sanctuaire entièrement nettoyé.

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