Israël répond à Arafat par la violence

Alors que dimanche Yasser Arafat a appelé les Palestiniens à cesser toute attaque armée contre les Israéliens, et exhorté ces derniers à mettre un terme à leur « guerre brutale » contre l’Autorité palestinienne, les violences et incidents ont continué durant les journées de lundi et mardi. Lundi, Yakoub Idkadak, un militant du Hamas, a tout d’abord été abattu par l’armée israélienne à Hébron, en Cisjordanie, au moment où il tentait de s’enfuir de son domicile. Le président Arafat, qui a parlé d’escalade de la part d’Israël, a aussitôt invité Sharon à «revenir au processus de paix, à la paix des braves». Un des responsables du Hamas a quant à lui annoncé des représailles contre l’Etat hébreu, soulignant que son mouvement «n’a jamais abandonné les siens comme des proies à l’ennemi sioniste et a toujours vengé leur assassinat». Tandis que dans la même zone, à proximité de Ramallah, deux Israéliens ont été blessés par les tirs d’un Palestinien, un agent de la police navale palestinienne a été abattu dans la ville de Naplouse. Des sources officielles ont également annoncé la mort d’un garçon de 12 ans dans le camp de réfugiés de Khan Younis, au sud de Ghaza. Selon des témoins, Mohammed Haneidek a été abattu alors qu’il jouait avec des amis dans les ruines d’un bâtiment détruit par Tsahal près de la colonie juive de Neve Dekalim. Des incidents ont enfin eu lieu à la frontière libanaise, où des gardes israéliens ont blessé un homme qui lançait des feux d’artifice dans leur direction. Dans cette même région, des avions de combat israéliens ont survolé le littoral sud du Liban, simulant des attaques et volant à basse altitude. Cette nouvelle montée de tension montre en tout cas que l’appel à l’arrêt des violences lancé par le chef de l’Autorité palestinienne est loin d’avoir été entendu. Au contraire, le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) ont immédiatement rejeté cette déclaration, le Hamas la qualifiant de «formule injuste qui ne peut être acceptée». Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est quant à lui dit prêt à conclure la paix «même au prix de concessions douloureuses», tout en continuant de soutenir les colons, qu’il a qualifiés de «véritables idéalistes» et «cibles privilégiées de la violence palestinienne». Lors d’un entretien avec le président français Jacques Chirac, M. Sharon a aussi affirmé attendre «des actes et non des mots» de la part de Yasser Arafat. «Le terrorisme palestinien n’a pas cessé et M. Arafat continue de lui donner son feu vert et ne fait rien contre», a-t-il déclaré à cette occasion. Si les Etats-Unis ont réagi avec scepticisme au discours d’Arafat, dont ils attendent des «actions concrètes», l’Union européenne y a pour sa part vu une nouvelle chance de mettre fin à quinze mois de violence, et l’Egypte a décidé de prendre l’initiative de rencontres internationales pour relancer le processus de paix. Un processus que les dernières violences rendent de plus en plus inaccessible…

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