Jacob, le nouveau bulldozer de la droite

Jacob, le nouveau bulldozer de la droite

Christian Jacob, le tout nouveau patron de l’UMP à l’Assemblée nationale, est en train de sortir de l’anonymat. Le successeur de Jean-François Copé est en train de se faire une belle réputation de briseur de portes blindées, de casseur de précieux tabous. Le préjugé facile voudrait qu’un ancien agriculteur est davantage familier avec les gros sabots. En témoigne sa sortie sur le statut des fonctionnaires qui non seulement provoqua l’ire de la gauche mais avait mis le Premier ministre François Fillon dans une rage froide au point de l’affubler de méchants sobriquets. Avant de prendre la place de Jean-François Copé, Christian Jacob n’avait pas de relief particulier. Sa carrière ministérielle auprès de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin le faisait naviguer sans grande notoriété entre les personnes handicapées, l’artisanat, les PME et la fonction publique. Il s’était fait remarquer en signant en septembre 2010 avec Jean-François Copé, François Baroin, actuel ministre du Budget et Bruno Lemaire, actuel ministre de l’Agriculture et de la Pêche une tribune dans «Le Figaro» pompeusement intitulée «Les conditions de la victoire en 2012», dans laquelle les quatre somment Nicolas Sarkozy de concevoir une nouvelle stratégie de reconquête. De cette tribune, Christian Jacob apparaît au grand jour comme un des flibustiers de Jean-François Copé l’étoile montante en face de Nicolas Sarkozy. Il était déjà une des pièces maîtresse de son club de réflexion, de séduction et de lobbying «Génération France.fr». Il était presque naturel qu’avant de prendre la présidence de l’UMP, Jean-François Copé milite pour placer son ami Christian Jacob à la tête de son groupe parlementaire. Et à tous ceux qui lui reprochent d’avoir aveuglement endossé le costume de Jean-François Copé à l’Assemblée nationale, Christian Jacob eut cette formule qui en dit long sur ses disponibilités : «Nous jouons sur des registres différents. Je ne fais pas du Copé-collé. On est différents sur tout et concurrents sur rien!». Et c’est vrai qu’ils sont différents ne serait-ce que sur le plan du look. A la calvitie conquérante de Jean-François Copé s’oppose visuellement l’explosion capillaire de Christian Jacob, un mélange parfait entre Raymond Domenech et Emmanuel Chain, journaliste de télévision. Avec ses déclarations à l’emporte-pièce, Christian Jacob est en train de prendre doucement mais sûrement la place laissée vacante par Frédéric Lefébvre, ancien porte-parole de l’UMP du temps de Xavier Bertrand, reconverti, hasard du casting gouvernemental, dans l’artisanat, les PME et le commerce, les anciennes occupations de Christian Jacob. Le président du groupe parlementaire UMP semble mettre sa verve et sa passion des formules qui écrasent au service de l’entreprise du démontage des socialistes. En témoigne sa saillie sur Dominique Strauss-Kahn et qui fait beaucoup de bruit. Interrogé de savoir si «DSK incarne les bobos», Christian Jacob répond: «Il les incarne plutôt bien». Et de rajouter que DSK «ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché». Ce à quoi le député PS de Paris Christophe Cambadélis avait réagi violemment : «Dire que DSK n’est pas à l’image de la France, c’est sous-entendre qu’il est un étranger, un apatride, membre du «parti de l’étranger», voire malheureusement bien d’autres choses».

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