«Je suis un militant acharné pour que les Palestiniens retrouvent enfin leurs droits»

«Je suis un militant acharné pour que les Palestiniens retrouvent enfin leurs droits»

André Azoulay, président de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh et fondateur à Paris, en 1974, de l’association «Identité et Dialogue», une structure dédiée à la paix et aux contacts entre Palestiniens et Israéliens, a évoqué, samedi, à Paris, le conflit israélo-palestinien, assurant être un «militant acharné» des droits fondamentaux dont les Palestiniens ont été privés. Dans son intervention à la première table ronde «Orient-Occident, quel dialogue possible ?» dans le cadre du colloque «Identité et Universalité», organisé par la Grande Loge de France, troisième obédience maçonnique de rite écossais ancien et accepté, André Azoulay a appelé à se méfier des régressions. «Car la Méditerranée a régressé pour devenir un espace permanent de conflits, sorte de gangrène contaminant les rivages les plus lointains», a-t-il prévenu. Pour André Azoulay, «Le cœur du problème se situe bien évidemment en Palestine». «Une paix introuvable avec Israël et une succession de rendez-vous manqués sont générateurs d’émotions incontrôlées et dangereuses». Paradoxalement, a noté M. Azoulay, «le monde entier, à savoir tous les gouvernements de la planète s’accordent et sont d’accord pour définir une solution commune: LA PAIX». «Mais malgré des concessions internationales sans précédents, les grands de ce monde n’arrivent pourtant pas à imposer cette paix tant souhaitée et désirée !», a-t-il déploré, avant d’ajouter que la sortie de ce conflit «existentiel» est possible. «Je suis un militant acharné pour que les Palestiniens retrouvent enfin leurs droits fondamentaux dont ils ont été privés ! Et je le proclame d’autant plus fort que c’est l’affirmation de ma judéité, pleine et entière, sans laquelle je ne pourrais me regarder dans la glace»,  a affirmé avec conviction M. Azoulay. Et de développer encore «J’ose le proclamer haut et fort : il existe une logique de sortie du conflit israélo-palestinien. La meilleure se situe sans nul doute dans l’initiative de paix arabe (28 mars 2002), qui constitue la réponse la plus cohérente, la plus concrète et la plus révolutionnaire à même de répondre aux attentes des Israéliens les plus sionistes».  «Malheureusement, aucun politique, aucun diplomate, à Paris, comme à New York ou Washington, n’a pris le soin d’analyser en profondeur le contenu de ce texte qui risque, in fine, de finir au fin fond des oubliettes», a regretté encore André Azoulay. Quant au projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM),  il constitue, selon lui, un «embryon de réponse». «Considérons pleinement l’UPM comme la première réponse de la communauté internationale face aux défis de la pseudo-confrontation Orient-Occident avec pour ambition la  constitution d’un partenariat, éthique, durable qui pourrait s’établir entre le monde chrétien et le sud arabo-musulman», a-t-il estimé. Pour André Azoulay, «Il est impératif, aujourd’hui, de surmonter nos archaïsmes et l’instrumentalisation de nos religions, déplorant que les politiques se soient défilés, évitant d’apporter des solutions».  «Le pseudo choc des civilisations n’en ait pas un, et il serait vain de confronter les valeurs de parité, d’éthique ou de modernité à la lueur d’une grille de lecture simplificatrice Orient-Occident», a-t-il martelé. Au-delà de ces obstacles, «ne soyons surtout pas réducteurs» , a-t-il poursuivi,  tentant d’expliquer qu’imputer l’échec à un problème de religion ou de civilisation reviendrait «évidemment faire un faux diagnostic». Et à M. Azoulay de conclure «qu’il est nécessaire et impératif d’additionner nos dimensions, juive, musulmane, berbère et arabe pour ma part, plutôt que de vivre ou de raisonner par soustractions», avant de lancer : «Saisissons enfin notre chance et notre destin !». La table ronde, à laquelle, participait André Azoulay, était animée par Antoine Sfeir, politologue et directeur des «Cahiers de l’Orient».

  Hasna Daoudi (Paris)

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