Jean-Louis Borloo, prix de l’humour politique

Jean-Louis Borloo, prix de l’humour politique

Que Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie dans le gouvernement de François Fillon décroche le prix annuel de l’humour politique n’est pas en soi une vraie surprise. Par son physique d’un Peter Falk, qui joue le personnage de Columbo, réveillé à cinq heures du matin, les yeux bridés par un sourire permanent, la chevelure touffue sur une tête plus grosse que nature, le débit de parole marmonné avec une lenteur involontaire, l’homme fait déjà le bonheur des caricaturistes quand il ne trône pas avec grâce dans le panthéon de la satire politique.
Il est l’un des personnages les plus marqués et les plus attachants des Guignols de l’info sur Canal+ où il est décrit comme ayant une allergie épidermique à tout ce qui est shampoing et gel douche au point de le présenter comme une poubelle mobile hantée par une seul envie : celle d’avaler et de descendre avec voracité les ballons de rouge et autre pastis bien jaune. La légende ne dit pas s’il vit bien cette peinture qu’on devine exagérée.  Même s’il est marié avec la vedette de la télévision Béatrice Schönberg qui présente sur France 2 l’émission mensuelle «Les 100 qui font bouger la France», Jean-Louis Borloo ne parvient pas à faire «People».
A part son activité classique de ministre de l’Ecologie chargé de vendre le Grenelle de l’environnement, Jean-Louis Borloo s’est fait récemment remarqué par une polémique et une inquiétante citation. La polémique c’est lorsque sa secrétaire d’Etat à l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet l’avait traité de «lâche» pour avoir déserter la confrontation parlementaire sur les OGM. La citation lorsque, effectuant sa visite d’Etat en Israël avec François Fillon dans ses bagages, les observateurs avaient fait remarqué que pendant cette visite l’intérim du pouvoir en cas d’accident était assuré parle plus haut personnage du gouvernement, le ministre d’Etat ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo.
Jean-Louis Borloo vient donc de décrocher le prix 2008 de l’humour politique. Le prix est décerné par un jury présidé par Jean Miot, composé de chansonniers et de journalistes comme Jean Amadou, Pierre Douglas et Laurent Gerra, des journalistes Anita Hausser (LCI), André Bercoff, Bernard de la Villardière (M6), Hubert Coudurier ( Le Télégramme ), Thierry Guerrier (RTL/France 5), Catherine Nay (Europe 1), Michèle Stouvenot ( JDD ), Dominique Verdeilhan (France 2). Voici donc la phrase qui a valu à Jean-Louis Borloo le prix de l’humour politique: «Sarkozy, c’est le seul qui a été obligé de passer par l’Élysée pour devenir Premier ministre». La phrase a fait mouche puisqu’elle souligne d’un trait nonchalant  l’omni-présidence de Nicolas Sarkozy. Il n’est pas sûr que cette sortie drolatique  participe à améliorer les relations entre le ministre et le président. Nicolas Sarkozy continue de reprocher à Jean-Louis Borloo sa timidité et son silence lorsque le tourbillon bling-bling avait failli casser toutes les digues et emporter tout sur son passage.
Jean-Louis Borloo a remporté haut la main ce prix malgré une rude concurrence. Exemple : cette perle de François Goulard député maire de Vannes qui a remporté le prix des internautes : «Johnny Hallyday qui annonce son intention de rester français et Bernard Laporte qui entre au gouvernement, c’est une période faste pour l’intelligence française». Ou encore cette pique pimentée du ministre du Travail Xavier Bertrand qui obtient le «prix spécial» du Jury : «Le Parti socialiste est un parti sans leader. François Bayrou est un leader sans parti. Ils sont faits pour fusionner».
A ne pas oublier l’hilarante charge de François Hollande, premier secrétaire du PS : «Sarkozy est passé de la présidence bling-bling à la présidence couac-couac» ni la confession aigre-douce de Rama Yade, secrétaire d’État aux Droits de l’Homme : «Je me retrouve avec la journée des droits de l’Homme sur les bras et Kadhafi sur le tarmac». Ou ce crêpage de chignon entre Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Banlieue et Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille. Nadine Morano : «Fadela Amara au gouvernement, cela montre les limites du casting à la Fogiel». Réponse de Fadela Amara : «J’ai tendance à croire que Nadine Morano, c’est la Castafiore».

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