Jean Sarkozy, la nouvelle figure qui monte

Jean Sarkozy, la nouvelle figure qui monte

La satire politique française s’en donne à cœur joie. Avec Jean Sarkozy, le fils du président de la République, pour le prix d’un, elle en tire un double bénéfice d’humour et … de frayeur. A part une chevelure d’adolescent plus blonde et une taille plus élancée, non seulement Jean ressemble physiquement à Nicolas Sarkozy, mais son phrasé est une restitution fidèle des mimiques les plus marquées de son père. Sentant des relents dynastiques, la presse peoples est tombée sous le charmes du jeune fils qui promet de réitérer l’exploit de son père.  Jean Sarkozy a fait réellement son apparition sur la scène politique à l’occasion du drame shakespearien qui s’est joué à Neuilly lorsqu’il a ourdi un putsch contre le porte-parole de l’Elysée David Martinon, jadis protégé de Nicolas Sarkozy puisque désigné comme son successeur sur les terres de Neuilly. La manière d’exécuter cette opération, la qualité bien aiguisée de la volte-face malgré de nombreuses et récentes déclarations de soutien, ont révélé un caractère bien trempé d’un jeune politicien aux dents longues qui doit au moins faire la fierté de son père. Avant que l’UMP ne tranche le remplacement de David Martinon par le divers droite Jean Christophe Fromantin, le microcosme politique avait retenu son souffle avec cette croustillante interrogation : Et si Nicolas Sarkozy poussait l’outrecuidance jusqu’à installer son fils comme tête des compétiteurs à Neuilly ? La question était si plausible et si urgente que le secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian fut harcelé de question sur le sort réservé à Jean Sarkozy. Voici comment à cette époque incertaine sur le devenir de la tête de liste UMP dans cette ville, il avait tracé le portrait de Jean Sarkozy : «Il a beaucoup de talent, il a sans doute hérité des qualités politiques de son père, il est très sympathique, il se débrouille très bien… Il a 22 ans». Il avait suffi de rappeler que Nicolas Sarkozy avait 28 ans lorsqu’il est devenu maire de Neuilly pour la première fois en 1983 pour avoir un autre éclairage sur le destin qui pourrait attendre sa progéniture.
Malgré la fin provisoire du feuilleton de Neuilly par l’installation de Jean Christophe Fromantin comme l’unique porteur des espoirs de l’UMP dans cette ville, Jean Sarkozy est toujours dans l’actualité. D’abord par cette information donnée par la radio luxembourgeoise RTL selon laquelle, le fils prodigue n’a réellement renoncé à la mairie de Neuilly que pour briguer un siège au conseil général des Hauts-de-Seine, conseil qui a été présidé par Nicolas Sarkozy de 2004 à 2007. Signe que la série des rebondissements connaitra d’autres saisons encore plus haletantes, lors des ces élections cantonales , Jean Sarkozy aura à affronter son ancien colistier Arnaud Teullé, l’ancien complice sans lequel l’exécution de David Martinon n’aurait pas été possible. 
L’autre raison pour laquelle Jean Sarkozy est toujours dans l’actualité tient à la diffusion d’une vidéo fort instructive dans laquelle il explique les raisons de son coup d’éclat contre David Martinon et surtout renseigne sur la nature des ses relations actuelles avec son père. Jean Sarkozy justifie le lâchage de David Martinon  qu’il avait pourtant promis de soutenir «à mort» pour reprendre son expression de cette manière : «Quand, tous les jours, on vient me voir pour me dire : «ça ne va pas, la campagne prend pas, ce n’est pas du lynchage, c’est une éthique de responsabilité». Dans cette même vidéo, Jean Sarkozy tente de capter la mauvaise humeur qu’il sent remonter à l’égard de son père «Neuilly est une ville capable d’élire à 80% Nicolas Sarkozy et de lui dire quelques mois après : on vous aime beaucoup mais laissez nous choisir». Une critique ouverte de ce qui est perçu comme l’ingérence  de Nicolas Sarkozy dans la course municipale à Neuilly. Le président de la République n’a pas entendu la supplique de son fils puisque pendant toute la semaine les protagonistes du puzzle de Neuilly se sont succédé dans son bureau à l’Elysée. Pour Jean Sarkozy qui a montré à l’occasion de cette campagne un caractère original d’apprenti politicien aussi  déterminé que capable de changer d’avis que d’alliances, les municipales de mars 2008 peuvent constituer un formidable acte de naissance pour prendre ses marques et lancer sa carrière politique. Il dispose de tout le quinquennat de son père pour polir son image et asseoir son autorité.

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