John Elkann prend les rênes de l’empire des Agnelli

À 32 ans, John Elkann prendra mardi les rênes de l’empire Agnelli, après avoir été préparé dès son plus jeune âge par son grand-père, le légendaire Gianni Agnelli, à diriger la plus célèbre dynastie industrielle italienne. Déjà vice-président de Fiat, John Elkann deviendra le patron d’Ifil, la holding cotée en Bourse qui gère les participations de la famille (8 milliards d’euros), en remplacement de Gianluigi Gabetti (83 ans), un proche du clan Agnelli. Ifil gère notamment les participations dans Fiat (30%), le groupe bancaire Intesa Sanpaolo (2,4%) ou la Juventus de Turin (62%). La holding est à son tour détenue indirectement par la société en commandite Giovanni Agnelli & C., le «coffre-fort» qui regroupe les participations des héritiers de la dynastie et reste dirigée par M. Gabetti. «Le parcours est achevé, John Elkann est plus que prêt», a récemment confié M. Gabetti. Gianni Agnelli, décédé en janvier 2003 après plus de 50 ans aux commandes du groupe, avait lui-même désigné son petit-fils comme dauphin. En décembre 1997, il le nomme au conseil d’administration de Fiat alors que John a seulement 21 ans et suscite l’incrédulité des Italiens qui se demandent s’il a l’âge de participer aux destinées de l’entreprise symbole du pays. Grand, mince, les traits encore juvéniles, John Elkann a été initié au goût du risque et de l’effort par son grand-père qui l’emmene avec lui lors de ses équipées sportives en mer ou en montagne. «Nous allions skier ensemble. Il me poussait à prendre le versant le plus difficile, à découvrir des endroits que nous ne connaissions pas», a-t-il raconté au Corriere della Sera. Fils de Margherita, la fille de Giovanni Agnelli et de l’écrivain Alain Elkann, John est né à New York et a vécu une jeunesse cosmopolite entre la Grande-Bretagne, le Brésil et la France. Après avoir passé son baccalauréat en 1994 à Paris, où il fréquente le lycée Victor-Duruy, il s’inscrit, sur les conseils de son aïeul, à l’école Polytechnique de Turin d’où il sort en 2000, diplôme d’ingénieur en poche. Son grand-père lui concocte un parcours au sein du groupe Fiat. Il part en stage ouvrier chez Magneti Marelli en Angleterre, sur les chaînes de montage des «Cinquecento» à Tichy en Pologne, endosse le costume de vendeur dans une succursale du nord de la France à Lille. En 2001, il entame sa carrière professionnelle comme auditeur chez General Electric avant de revenir au Lingotto, le siège de Fiat, en mai 2002. L’entreprise phare de l’Italie vit alors des heures difficiles et doit appeler les banques à la rescousse.
Le décès de son grand-père en 2003 et de son grand-oncle un an plus tard le projettent plus vite que prévu sur le devant de la scène puisqu’il est nommé en 2003 au sein d’Ifil. Il devient vice-président de Fiat en 2004. Au sein d’Ifil, il fait ses preuves sous l’aile de Gianluigi Gabetti et passe la moitié de son temps à l’étranger pour gérer les intérêts de la famille. Chez Fiat, il suit le spectaculaire redressement opéré par l’administrateur délégué Sergio Marchionne tandis que les observateurs le voient succéder à terme au président actuel, Luca Cordero di Montezemolo.
Le verbe mesuré, John Elkann sait aussi faire preuve d’autorité. Il l’a montré en imposant en 2006 le Français Jean-Claude Blanc aux commandes de la Juventus de Turin pour sauver le club éclaboussé par un scandale de matchs truqués. En 2007, il n’a pas hésité à s’opposer à sa mère qui réclame des comptes sur l’héritage de Gianni Agnelli dont elle conteste aujourd’hui l’évaluation.

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