Journaux algériens menacés de censure

Des créances qui s’élèveraient à plus de 3,5 milliards de dinars (39 millions d’euros). Du côté des journaux, on accuse le gouvernement de vouloir étouffer la presse indépendante. Faute de paiement, c’est la suspension pure et simple de tirage à partir du lundi qui guette. Les fax transmis jeudi aux journaux concernés ne laissent aucune espèce de sursis aux organes. Même la formule de l’échéancier, encore pratiquée en faveur de certains titres dits à faible tirage, semble avoir été définitivement écartée pour les publications en question. Le délai laissé aux six quotidiens, parmi les plus forts tirages du pays, est excessivement court. Quatre jours seulement avec un week-end (jeudi-vendredi) au milieu et sachant que les banques sont fermées le samedi. Ce qui fait dire à Youcef Rezzoug du Matin: « Ils ne nous ont même pas laissé le temps de nous acquitter de cette dette et de réunir les sommes demandées dans la mesure où ces mises en demeure sont parvenues jeudi, alors que les banques n’ouvrent que le dimanche ». « Plutôt que de s’expliquer sur les graves scandales qui touchent de hauts responsables de l’Etat, le pouvoir (…) use de subterfuges commerciaux pour sanctionner les journaux indépendants, coupables d’avoir révélé ces scandales, et les faire taire pour longtemps », peut-on lire dans une déclaration signée par les six éditeurs concernés ainsi qu’El Watan, autre journal à gros tirage mais qui possède sa propre imprimerie. Le pouvoir, mis le dos au mur, vient de bafouer la liberté d’expression que le président (Abdelaziz) Bouteflika s’est pourtant engagé, publiquement et à maintes reprises, à protéger et à respecter.

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