Jugement vendredi à Amsterdam pour 14 terroristes islamistes présumés

Les juges du tribunal de La Haye, siégeant à Amsterdam pour des raisons de sécurité, devront dire si ces jeunes gens, d’origine maghrébine pour la plupart, appartenaient à une cellule terroriste "de la mouvance d’Al-Qaida" sur le point de commettre des attentats, comme l’a plaidé l’accusation, ou à un groupe informel tenant des réunions pour discuter de l’islam, comme l’a expliqué la défense.

Les procureurs ont identifié quatre principaux responsables, dont trois sont aussi inculpés pour des charges matérielles plus établies.

Ils ont réclamé 20 ans de prison pour Ismail Akhnikh, 23 ans, et Jason Walters, 21 ans, qui ont lancé des grenades aux policiers les assiégeant avant leur arrestation en novembre 2004 à La Haye.

Contre Nouriddin El Fatmi, 23 ans, arrêté à Amsterdam en juillet 2005 en possession d’une arme chargée, ils ont demandé une peine de 10 ans.

Selon les témoins de l’accusation, Mohammed Bouyeri, 27 ans, condamné en juillet 2005 à la prison à vie pour le meurtre en novembre 2004 du réalisateur et polémiste Theo van Gogh, était le personnage central du groupe.

Durant son premier procès, Bouyeri a assuré avoir agi seul, expliquant que sa foi lui imposait de "couper la tête de quiconque insulte le prophète". Lors de son deuxième procès, il a lancé au procureur : "vous ne rendez pas à Oussama ben Laden les honneurs qui lui reviennent en me plaçant sur la même ligne que lui".

Compte tenu de sa première condamnation, Bouyeri ne peut se voir infliger de nouvelle peine mais les procureurs ont demandé qu’il soit reconnu coupable.

Contre les 10 autres inculpés, les procureurs ont requis des peines de 15 mois à cinq ans de prison.

Reste que la notion d’"appartenance à un groupe terroriste" est difficile à prouver, comme l’a montré récemment le procès d’un autre islamiste radical, Samir Azzouz, acquitté faute de preuves tangibles.

La défense des 14 inculpés a répété à longueur d’audience que l’accusation ne parvenait à établir que des délits d’opinion non condamnables.

"Certaines personnes ont des opinions extrémistes, font des recherches sur internet, mais ça n’en fait pas des terroristes", a expliqué a l’AFP Ingeborg Saey, l’avocate néerlandaise qui défendait le Français Jérôme Courtailler, accusé d’appartenance à une organisation terroriste. "Aux Pays-Bas nous disposons de la liberté d’expression, et vous devez apporter la preuve du crime".

Son client a tout de même été condamné en appel en 2004 à six ans de prison.

Dans l’affaire du groupe Hofstad, sept des inculpés ont déjà été remis en liberté car leur peine ne pourrait excéder la durée de leur détention préventive.

La lecture du jugement dans le tribunal de haute sécurité de la banlieue d’Amsterdam doit commencer à 10H00 locales (09H00 GMT) et devrait durer plusieurs heures.

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