Juin sanglant en Algérie

Signée par le Groupe islamique armé, traditionnellement actif dans la région occidentale, la tuerie survenue dans la nuit de samedi à dimanche fait suite à une longue série d’attaques armées contrebalancées par des raids militaires. Ce week-end, ce sont cinq personnes d’une même famille qui ont été assassinées à Merdjet El Abed, dans la wilaya de Relizane, 150 km à l’ouest d’Alger. Rapporté par l’agence de presse officielle APS, ce massacre a entraîné la mort de trois enfants âgés de 4 à 12 ans et de leurs grands-parents.
Selon le Matin de lundi, les islamistes étaient – comme il est de plus en plus fréquent – vêtus de tenues militaires. Ils « n’ont eu aucune peine à défoncer la porte en tôle de la demeure de la famille Lakrèche qui dormait à cette heure de la nuit. Ils ont fait irruption dans les deux pièces que comprenait la maison et ont tiré à bout portant sur les membres de cette famille». Et le quotidien de préciser que «la fille aînée des Lakrèche a été traînée hors du domicile pour être enlevée». Le Matin rappelait aussi que cette commune avait déjà été frappée par de telles violences lorsque, fin mars, 8 personnes avaient été assassinées. Parmi elles, sept appartenaient à une même famille et deux étaient des enfants en bas âge…
Jeudi dernier, des groupes islamistes armés avaient par ailleurs tué quatre autres civils, cette fois-ci dans l’est. Ces personnes avaient été attaquées lors d’un faux barrage dressé sur une route nationale dans la province de Jijel, à quelque 360 km à l’est de la capitale, selon l’APS. «On observe une intensification des attaques en juin provoquées par la ligne dure adoptée par le gouvernement qui a déclaré que le terrorisme, c’est terminé et que tout ce qui en reste sera éliminé et qu’il n’y aura pas d’amnistie», commentait alors un expert algérien des questions de sécurité, interrogé par l’AFP. Si les civils en paient le prix cher, ce sont surtout les forces sécuritaires qui sont la cible des groupes islamistes, notamment du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, dirigé par Hassan Hattab.
Dans la périphérie de Boumerdès, à 50 km à l’est d’Alger, un gendarme avait d’ailleurs été assassiné et un autre grièvement blessé lors d’une attaque perpétrée mardi dernier par le GSPC. Dans cette région, le mouvement a pris pour habitude de tendre des embuscades afin de détourner les convois humanitaires destinés aux sinistrés du séisme du 21 mai. Ce mardi-là, les gendarmes avaient été la cible de tirs d’armes automatiques avant d’être sauvés par des renforts qui ont aussi récupéré le convoi chargé de fournitures. Le même jour, les forces de sécurité avaient abattu deux islamistes dans la forêt près de Guerboussa, dans la région de Relizane. Ces opérations de ratissage toujours en cours ont été lancées par l’armée algérienne dans plusieurs régions du pays depuis début 2003.
Malgré la réussite de certaines d’entre elles, le GSPC à l’est et le GIA à l’est continuent d’être actifs et de s’en prendre à une population livrée à elle-même. Depuis le début du mois de juin, une centaine d’Algériens ont été tués au cours de ces violences, soit le bilan le plus lourd depuis le début de l’année.

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