Kaboul peine à s’imposer

Depuis son lancement, la campagne militaire américaine a permis de déloger les Taliban du pouvoir mais certains d’entre eux, même des hauts responsables, sont encore en liberté dans les différentes régions du pays. Le dernier épisode en date concernant la libération de deux anciens ministres Taliban mercredi par les autorités de Kandahar, illustre bien les difficultés rencontrées par les militaires américains et le nouvel exécutif pour arrêter les chefs fondamentalistes et ceux du réseau Al-Qaïda. Car en Afghanistan, l’ordre est loin d’être encore rétabli, et les pouvoirs locaux ne respectent pas forcément les décisions prises par l’autorité centrale. Ainsi, le porte-parole du gouvernement régional de Kandahar (Sud) a répété que les anciens hauts responsables Taliban ne seraient pas remis aux Etats-Unis en dépit de l’insistance de Washington. « C’est à nous de gérer ce problème », a déclaré Mohammad Jalal à l’agence Afghan Islamic Press (AIP). Le ministère afghan de l’Intérieur avait condamné la remise en liberté d’au moins deux ministres Taliban, celui de la Justice, le mollah Toorabi, et celui de l’Industrie et des Mines, le mollah Saaduddin. Ils faisaient partie d’un groupe de huit responsables qui ont fait allégeance au nouveau pouvoir régional à Kandahar. Celui-ci les a laissés en liberté invoquant une amnistie générale, mal définie, accordée aux miliciens islamistes par le chef du gouvernement intérimaire Hamid Karzaï.
Les Taliban qui ont déposé leurs armes volontairement et qui ne sont pas visés par une plainte, sont en effet autorisés à rentrer chez eux. c’est aussi le cas de ceux qui n’ont pas trahi leur pays. Mais Washington est aussi déterminé à imposer son point de vue sur la question. Depuis mardi, ses avions de guerre larguent des tracts sommant la population de ne pas abriter des membres du régime déchu ou du réseau Al-Qaïda, brandissant en cas contraire, la menace de bombardements. Sont principalement visés le Sud et l’Est de l’Afghanistan, régions les plus récalcitrantes tant envers le nouveau gouvernement, que vis à vis de la présence militaire américaine…

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