Kadhafi béni par l’Oncle Sam

Kadhafi béni par l’Oncle Sam

Après plus d’un quart de siècle marqué par un climat diplomatique glacial, les relations entre Washington et Tripoli se réchauffent. Le pays du «Frère guide», Mouammar Kadhafi, vient d’être gracié par l’«Oncle Sam» et sera bientôt supprimé de la liste noire des Etats parrainant le terrorisme. La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a annoncé lundi le rétablissement de relations diplomatiques pleines et entières avec le régime du colonel Mouammar kadhafi, compte tenu de la décision de Tripoli de renoncer à ses programmes d’armes de destruction massive.
«Nous prenons ces décisions en reconnaissance de l’engagement continu de la Libye envers sa renonciation au terrorisme», a déclaré la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice dans un communiqué, saluant en outre l"’excellente" coopération de Tripoli en matière de lutte contre le terrorisme international. «Nous avons de ce fait assisté à la réémergence de ce pays dans le tronc commun de la communauté internationale. Ce jour marque l’ouverture d’une nouvelle ère dans les relations américano-libyennes qui bénéficieront tant aux Américains qu’aux Libyens», ajoute le communiqué.
En plus de rayer la Libye de la liste des Etats soutenant le terrorisme, Washington va rouvrir son ambassade à Tripoli. Une mesure réclamée par les industriels américains qui permettra la reprise des ventes d’armes et des investissements pétroliers.
«La décision constitue une mesure importante sur la voie d’un renforcement des liens entre les Etats-Unis et la Libye et d’une amélioration des relations dans tous les domaines de la coopération», a affirmé à Tripoli le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hassouna Chaouch.
La normalisation des relations entre Washington et Tripoli est le couronnement d’un processus entamé en décembre 2003, lorsque Tripoli avait créé une surprise en annonçant la fin de son programme d’armes de destruction massive. Cette normalisation représente un intérêt commun pour les deux pays. Une sorte d’échanges de bons procédés. Avec la guerre en Irak ainsi que la crise iranienne, les Etats-Unis cherchent de nouveaux alliés qui peuvent satisfaire la demande croissante en pétrole de l’économie américaine. D’où le timing de la décision américaine. La Libye, elle, cherche à sortir du cloisonnement imposé, il a y plus de vingt-cinq ans, par les Américains et qui avait frappé de pleins fouets l’ensemble des secteurs économiques du pays.
En 2004, les Etats-Unis ont décidé de lever l’embargo commercial qu’ils avaient imposé à la Libye en 1986. L’ambassade des Etats-Unis en Libye avait été incendiée en 1979 par une foule de manifestants. Après avoir déclaré la Libye «Etat qui parraine le terrorisme», désignation qui entraîne des sanctions, les Etats-Unis avaient fermé leur ambassade à Tripoli en 1980.

 L’UE salue la décision
américaine


L’Union européenne a salué comme un «pas positif» le rétablissement de liens diplomatiques complets entre Washington et Tripoli. «Cela prouve que le processus de règlement de querelles très complexes est possible», a déclaré Cristina Gallach, porte-parole du Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Javier Solana. Elle a espéré que cette normalisation puisse également amener une amélioration des relations entre Tripoli et les Vingt-Cinq. La Libye est observatrice du programme Euro-Méditerranée, ayant refusé d’adhérer totalement au partenariat, car refusant de considérer Israël comme un partenaire.
Les relations entre Tripoli et l’UE bloquent sur l’écueil des cinq infirmières bulgares, accusées, ainsi qu’un médecin palestinien, d’avoir infecté 400 enfants libyens du virus du sida. Arrêtés en 1999, les six ont été condamnés à mort en 2004, mais la Cour suprême libyenne a cassé la sentence et un nouveau procès s’est ouvert la semaine dernière.

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