Karzaï : l’homme du consensus

Les différentes factions ont en tout cas mis toutes leurs chances de leur côté pour donner à leur pays un premier leader respectable et respecté. Pachtoune, Hamid Karzaï devrait tout d’abord obtenir le soutien naturel de cette ethnie dominante dans le pays. Partisan de l’ancien monarque, Zaher Shah, il séduira certainement les royalistes. Enfin, combattant notoire, il pourra rassembler les moujahidine, notamment de l’Alliance du Nord… Agé de 44 ans, Hamid Karzaï est né à Kandahar. Après une séjour en Inde, à l’université de Simla, il a rejoint en 1982 la lutte contre l’URSS et a pris la direction des opérations du Front de Libération National Afghan (FLNA). Exilé jusqu’à la chute du régime pro-soviétique en 1992, il est revenu à Kaboul et a pris le poste de vice-ministre des affaires étrangères. En 1996, avec l’arrivée des Taliban, Karzaï avait tout d’abord opté pour la collaboration avant de radicaliser son attitude et de prendre la tête du clan popalzaï, très influent dans le sud et pro-royaliste. Après un nouvel exil, Karzaï est rentré en Afghanistan en octobre dernier pour lancer une révolte pachtoune contre les Taliban. Partisan de l’intervention américaine depuis le début des combats, il mène actuellement des opérations pour récupérer sa ville natale, Kandahar, dernier bastion des Taliban. Aux côtés de Hamid Karzaï, 5 vice-présidents ont été nommés à Bonn dans le respect des différentes ethnies présentes en Afghanistan. Avec une victoire, celle de la présence d’une femme : – Hedayat Amin Arsala, pachtoune, ancien responsable de la Banque mondiale, a obtenu les finances. Pro-royaliste, il avait été ministre des affaires étrangères entre 1992 et 1996. – Le général Mohammad Fahim sera ministre de la défense. Ce tadjike fait partie du trio à la tête de l’Alliance du Nord. – Haji Mohammad Mohaqiq, du parti chiite Hezb-i-Wahdat, est un Hazara des provinces du centre. Il hérite du dossier de la planification. – Ima Samar, femme médecin qui dirige les services de santé et d’éducation pour les réfugiées afghanes au Pakistan, est également hazara. Elle aura en charge la question de la condition féminine. Le cinquième poste – prévu pour un ouzbek de l’Alliance du Nord – n’est pas encore défini. Il concerne le ministère de l’eau et de l’Électricité.

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