Kinshasa pour la paix

Les autorités de Kinshasa ont finalement fait de nouvelles propositions, lundi à Sun City, pour un gouvernement de transition afin de «lever les blocages à quatre jours de la fin du dialogue inter-congolais», a déclaré le porte-parole de la délégation gouvernementale présente en Afrique du Sud.
«Pendant la période de transition – jusqu’à l’organisation d’élections – le président de la République sera assisté d’un premier ministre issu de l’opposition ou de l’une des rébellions», a expliqué Vital Kamerhe. Cette concession du pouvoir constitue un pas historique en direction de la paix en République démocratique du Congo. Elle intervient après de nombreuses frictions entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’opposition. Ces derniers avaient tout d’abord réclamé la démission du président actuel Joseph Kabila. Ils avaient ensuite exigé que le dirigeant Kabila vienne en personne, à Sun City, faire candidature et puiser une légitimité pour la transition.
Dans le cadre de cette proposition faite par le gouvernement, la désignation d’un «premier ministre» devrait être «le fruit de négociations entre le MLC (Mouvement de libération du Congo, et le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie», a ajouté M. Kamerhe. Ces deux groupes étant les principaux mouvements de rebellion armés présents sur le sol congolais. Plus tôt lundi, le ministre congolais de la communication, Kikaya Bin Karubi, avait évoqué la constitution d’un parlement bicaméral de transition, avec une chambre «chargée de légiférer» et une seconde «responsable du suivi des résolutions issues du dialogue inter-congolais» et leur mise en oeuvre. «C’est cette (dernière) chambre qui jouera le rôle d’arbitre dans des conflits éventuels entre les institutions de transition », a ajouté M. Bin Karubi, rappelant que le gouvernement souhaite que « la transition soit aussi courte que possible, entre 18 et 24 mois ».
Dans le cadre du volet politique des accords de paix signés en 1999 à Lusaka, un état-major intégré sera constitué au sein de l’armée, avec des officiers des Forces armées congolaises (FAC, pouvoir), du RCD, du MLC, du RCD-ML (Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération), du RCD-national et des Maï-Maï. Pour les représentants du gouvernement de Kinshasa à Sun City, « dès qu’un accord sera intervenu sur ces propositions, le mandat du facilitateur (du dialogue inter-congolais) Ketumile Masire prendra fin ». Ce même lundi, le président sud-africain Thabo Mbeki devait par ailleurs se rendre aux assises de Sun City pour des entretiens avec les différents acteurs présents. Son déplacement rentrait dans le cadre des consultations qui se sont déroulées à Pretoria ce week-end. M. Mbeki avait alors rencontré les délégations du gouvernement, puis du RCD, sur les difficultés des pourparlers. Sa venue à Sun City a été motivée par « l’intérêt de l’Afrique du Sud, pays hôte, au succès du dialogue », selon son porte-parole.
Les assises de Sun City, qui ont pour objectif de mettre en place un nouvel ordre politique en République démocratique du Congo, sont entrées lundi dans leur septième semaine de pourparlers. Elles avaient commencé le 25 février dernier, et doivent se terminer le 12 avril. Une session plénière réunissant les 360 délégués de Sun City, devait par ailleurs entériner lundi les résolutions finales déjà agréées dans les domaines les moins controversés des pourparlers : économie et finance, humanitaire et social, paix et réconciliation nationale en RDC.

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