La C.I.A. couvre Bush

Durant plus de quatre heures, le directeur de la CIA, George Tenet, a été entendu à huis clos par une commission du Sénat américain. En fin d’audition, les démocrates avaient conclu que la responsabilité des fausses allégations incombait clairement à la Maison-Blanche. Des informations qui ont été relayées par le président George W. Bush lors de son discours sur l’Etat de l’Union. Cependant, George Tenet répétait à qui voulait l’entendre qu’il endossait la seule responsabilité des déclarations du président américain, selon lesquelles l’Irak avait cherché à obtenir de l’uranium en Afrique pour fabriquer une bombe nucléaire. Le sénateur démocrate Richard Durbin a, pour sa part, fait savoir que la question ne consistait pas à savoir la raison pour laquelle le directeur de la CIA a laissé George W. Bush relayer ces informations. Il a estimé le plus important était de savoir qui a voulu les inclure et pour quelles raisons. «La question est de savoir qui, au sein de la Maison Blanche, était si déterminé à inclure dans le discours sur l’Etat de l’Union des informations qui ont été réfutées de manière si spectaculaire par les sources de renseignements américains ?», avait indiqué Durbin, soulignant que «Toutes les routes renvoient au 1600 Pennsylvania Avenue », faisant référence à l’adresse de la Maison Blanche à Washington. Emboîtant le pas à Richard Durbin, le démocrate John Rockefeller avait souligné que le plus important n’était pas la validité ou non de l’affirmation, réfutée par les services de renseignement, selon laquelle l’Irak avait essayé d’acheter de l’uranium au Niger, mais la volonté de ceux qui, dans l’administration, s’en étaient fait le relais, et avaient permis que le président l’évoque dans son discours à la nation. «C’est une enquête globale. Nous étudions non seulement l’information, mais la façon dont elle a fait son chemin jusqu’aux responsables politiques», a-t-il indiqué. Pour Pat Robert, sénateur démocrate et président de la commission sénatoriale du renseignement, le directeur de la CIA était déconcerté «Lors de son audition, George Tenet a été très penaud. Il a été très candide, très disponible. Il a accepté l’entière responsabilité», avait-il déclaré à l’issue de l’audition. George Tenet avait déconseillé à la présidence de mentionner ces accusations, qui ne provenaient que d’une seule source, dans un discours prononcé par Bush en octobre dernier. Il n’avait cependant pas tenté d’empêcher la Maison Blanche d’évoquer ces accusations dans le discours sur l’état de l’Union, prononcé par Bush en janvier.

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