La coalition s’enlise en Irak

La coalition s’enlise en Irak

Le bilan de l’attentat contre le siège de l’ONU à Bagdad s’alourdit. Jeudi, trois autres corps ont été retirés des décombres du siège des Nations unies dans la capitale irakienne. Cette découverte porte à 23 le nombre de morts dans l’attentat au camion piégé de mardi. Pour l’heure, cet attentat a coûté la vie à au moins 23 personnes, parmi lesquelles le représentant spécial de Kofi Annan en Irak, Sergio Vieira de Mello, et fait une centaine d’autres blessées, selon le bilan officiel donné par l’ONU. La résistance irakienne s’en prend à tout ce qui est étranger sur le sol de l’Irak, soldats américains, britanniques, ONU. Et même des infrastructures sont visées par les actes de sabotage. Les Irakiens, qui se sentent assiégés, affamés et traités comme des étrangers dans leur pays, sabotent les infrastructures pour ne pas être exploitées par les forces de la coalition. Le spectre du Vietnam et de la Somalie se profile à l’horizon. La violence ne finira jamais sans le retrait des forces américaines et britanniques. Tel est le message de la résistance irakienne. Si la guerre, qui a abouti au renversement du régime, a été programmée après l’hiver pour échapper aux contraintes de la nature, celle de la résistance continue pendant toutes les saisons. C’est dire que les temps durs pour les forces de la coalition en Irak sont encore à venir. En outre, une guérilla entre des guérilleros et des troupes des forces armées structurées finit toujours par déstabiliser la morale de ces dernières. Et c’est bien le cas en Irak. Des études du Pentagone ont déjà montré que le moral des soldats américains, détachés en Irak, est en constante dégradation. Surtout qu’ils s’en rendent compte aujourd’hui que toutes les raisons avancées pour déclencher cette guerre ne tiennent plus la route. Et avec la recrudescence de la violence ces derniers jours, et certainement dans les mois à venir, et le nombre des victimes américaines qui augmenterait, l’opinion publique américaine pourrait réagir. Comment le Président américain gèrera-t-il la crise à la veille des élections présidentielles ? D’ici là, le nombre de victimes pourrait dépasser les centaines. Et chaque semaine, des familles, qui rapatrient les corps des leurs, sont en deuil. L’Irak serait, pour elles et tous les Américains, comme un autre Vietnam. Et peut-être pire. Par ailleurs, les forces de la coalition présentes en Irak pourraient capturer prochainement Saddam Hussein, après la découverte de documents détaillant les mouvements de l’ancien président irakien, a affirmé jeudi un membre du gouvernement intérimaire irakien. «Ces documents montrent comment Saddam Hussein se déplace et se cache et aideront peut-être à aider à sa capture», a affirmé Jalal Talabani, présent en Australie pour discuter notamment de questions commerciales. M. Talabani a également estimé que l’attentat à la bombe contre le siège de l’ONU à Bagdad n’était pas l’oeuvre des fidèles de Saddam Hussein, mais plutôt de terroristes islamistes, avant de préciser que « les fidèles de Saddam Hussein sont très faibles». Il paraît que la résistance irakienne contre l’occupation continuera avec ou sans Saddam. Et peut être, elle deviendra violente après la disparition de Saddam, non pas pour le venger, mais, en ce moment elle se libérera de l’étiquette de «fidèle de Saddam».

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