La Côte d’Ivoire toujours dans l’impasse

Selon un de leurs chefs militaires, les rebelles entendaient lancer jeudi ou vendredi une offensive «sur plusieurs axes» à partir Bouaké. L’annonce a été faite le jour même par le sergent Chériff Ousmane, un des porte-parole des mutins, qui a ajouté que «c’est une affaire entre Ivoiriens» et que «la France devait rester absolument neutre». Les rebelles veulent en fait éviter tout accrochage avec les soldats français qui se trouvent toujours à Bouaké, Brobo (25 km à l’est), à Tiébissou (à 60 km sud), et autour de l’aéroport de Yamoussoukro, la capitale.
Dans cette crise, qui perdure désormais depuis plus de trois semaines, les efforts diplomatiques restent pour leur part bloqués malgré les appels au calme des Etats ouest-africains, de la France et des Etats-Unis, et l’impasse militaire sur le terrain. Pendant ce temps, quelque 4.000 personnes ont été chassées des régions de l’ouest, notamment de Duékoué et de Bangolo, zones où concentre la première activité du pays, la production de cacao.
En cette veille des récoltes, «plus de 2.000 Burkinabés ont été chassés de leurs plantations (…) et leurs biens ont été pillés» selon le délégué consulaire du Burkina Faso de Duékoué. Karim Yaro a aussi rapporté à l’AFP que «au moins sept ressortissants burkinabés avaient été tués dans le village d’Yrouzon et quatre autres dans le village de Blodi», accusant notamment des «militants du FPI», le Front Populaire Ivoirien du président Gbagbo. L’imam Soualuou Neité de la communauté de Duékoué, a quant à lui confirmé que «pas moins de 2.000 personnes avaient été déplacées depuis une semaine», dont «la plupart sont des Musulmans». Il a aussi fait état de plusieurs blessés graves, dont des «Ivoiriens d’ethnie Sénoufo», du nord musulman.

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