La diplomatie malgré tout

Dimanche, le chef égyptien des renseignements Omar Souleiman a eu une série d’entretiens avec des responsables israéliens avant de se rendre auprès de Yasser Arafat. Lors de son entrevue avec le ministre de la Défense, Benyamin Ben-Eliezer et celui des affaires étrangères Shimon Peres à Jérusalem, M. Souleiman a signifié à ses interlocuteurs que l’Egypte souhaitait contribuer à apaiser les tensions entre Israël et les Palestiniens. Selon la radio militaire israélienne, Ben-Eliezer lui aurait répondu qu’Arafat devait abandonner sa «politique de terrorisme» pour qu’Israël prenne au sérieux les réformes auxquelles il procède actuellement.
Depuis le Caire, le ministre des affaires étrangères Ahmed Maher a aussi insisté sur l’importance de la mission d’Omar Souleiman, une visite qui s’inscrit «dans le cadre des efforts visant à sortir de cette impasse, qui a été engendrée par la politique israélienne». Cette médiation égyptienne a d’ailleurs immédiatement succédé à celle de la France, dont le ministre français des Affaires étrangères a conclu, dimanche, à Amman, une tournée de plusieurs jours dans la région. Dominique de Villepin y a rencontré son homologue jordanien Marwan Moasher avant de s’entretenir avec le roi Abdallah II. Il doit se rendre ensuite à Moscou et Washington, les deux parrains du processus de paix au Proche-Orient. Lors de sa mission, le ministre français a surtout insisté sur l’urgence de l’action. Selon lui, la communauté internationale ne peut pas laisser la région glisser dans davantage de violences et de destructions. «Nous avons un devoir d’inquiétude et de résultats», a-t-il assuré à plusieurs reprises tout en soulignant que la disqualification de Yasser Arafat par George W. Bush «n’était pas une raison suffisante pour renoncer à l’action».
A l’occasion de cette tournée, la nouvelle diplomatie française a d’ailleurs dévoilé ses grandes lignes: la tenue d’une conférence internationale, l’organisation d’élections palestiniennes, actuellement «hypothéquées» par l’occupation israélienne, et à terme la «création d’un Etat palestinien vivant en paix avec son voisin israélien». Reste que les violences et exactions subies par le peuple palestinien ne semblent pas prêtes de s’achever, de l’avis même du futur ex-chef d’état-major de l’armée israélienne, Shaul Mofaz, qui a déclaré dimanche que l’occupation «pourrait durer encore des mois». Yasser Arafat quant à lui, serré de près par les militaires israéliens et poussé aux réformes par les Etats-Unis, devait affronter depuis samedi une fronde organisée par plusieurs responsables de la sécurité palestinienne à la suite du limogeage de Djibril Radjoub, chef de la sécurité préventive en Cisjordanie.
Quelque 600 policiers ont ainsi fait savoir samedi à leur président qu’ils rejetaient cette initiative et qu’ils refusaient de coopérer avec le remplaçant de Rajoub, le général Zouheir Manasra. Une journée de contestation également marquée par la mort, dans le sud de la ville de Ghaza, d’une Palestinienne de 40 ans et sa fille de 2 ans, tuées par des tirs israéliens. L’armée a également réoccupé sept des huit grandes villes de Cisjordanie, dont Jénine, et opéré plusieurs arrestations.

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