La grippe aviaire progresse vers l’Ouest de l’Europe

En Allemagne, le H5N1 a été identifié jeudi sur neuf cygnes et une oie trouvés à Rùgen, une île en mer Baltique où séjourne une colonie de quelque 100.000 oiseaux sauvages, portant à treize le nombre de cas constatés dans le pays.

Le confinement des volailles est entré vendredi en vigueur sur tout le territoire, soit douze jours avant la date initialement prévue du 1er mars. La mesure sera applicable jusqu’à fin avril.

En Autriche, un troisième cas d’infection par la souche hautement pathogène de la grippe aviaire a été signalé en Styrie, province jouxtant la Slovénie où la première apparition du H5N1 a été confirmée dans la région de Maribor (nord-est).

Vendredi, Ljubljana a ordonné le confinement des volailles dans tout le pays, suivant en cela la France, le Danemark, la République tchèque, l’Estonie, les Pays-Bas et la Finlande.

Le confinement, qui entrera en vigueur lundi au Luxembourg, sera également ordonné, au plus tard en mars, en Pologne, en Lituanie et en Lettonie. Hors UE, la Norvège et la Suisse ont également ordonné le confinement de leurs volailles.

Dans le cas où le H5N1 serait transmis dans l’UE par un oiseau sauvage à un élevage, la Commission européenne a décidé l’abattage obligatoire et la destruction des oeufs des volailles de la ferme contaminée.

"L’UE (…) cherche à empêcher (la grippe aviaire) d’atteindre la volaille commerciale", a expliqué le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou.

La pire crainte reste celle d’une transmission à l’homme.

Selon un scénario catastrophe envisagé par des experts australiens et publié vendredi à Sydney par l’institut indépendant Lowy, une pandémie de grippe aviaire pourrait faire jusqu’à 142 millions de morts et coûter quelque 4.400 milliards de dollars US (environ 3.660 milliards d’euros) à l’économie mondiale.

La progression en Europe du H5N1, responsable de la mort de 91 personnes dans le monde depuis 2003 -principalement en Asie du sud-est et en Chine mais personne dans l’UE-, a entraîné une chute spectaculaire de la consommation de volailles dans certains pays de l’Union alors qu’il n’existe aucun mécanisme européen pour compenser les pertes de revenus des éleveurs.

Porte d’entrée de la grippe aviaire en Europe, la Roumanie est le pays du continent européen le plus sévèrement touché par l’épizootie avec 31 foyers déclarés et des pertes d’ores et déjà estimées à plus d’un milliard d’euros.

Depuis l’apparition du premier cas de H5N1 le 7 octobre dans le delta du Danube, les autorités de Bucarest ont déjà fait abattre quelque 150.000 oiseaux de basse-cour -ce nombre pourrait encore augmenter, selon l’Agence sanitaire vétérinaire- tandis que la consommation de poulet a chuté de 40%.

Vendredi, une mission de l’Organisation mondiale de la Santé a averti d’un risque de contamination humaine dans le pays.

La Bulgarie, l’autre pays d’Europe centrale devant entrer en 2007 dans l’UE, paye également son tribut à la maladie.

Après la découverte fin janvier du virus H5N1 sur un cygne trouvé mort dans le Danube près de Vidin (nord-ouest), Bruxelles a interdit les importations de volailles vivantes et gibier à plumes bulgares, et décrété un embargo partiel sur la viande de volailles et les oeufs.

La Grèce voisine, en état d’alerte depuis que le virus a fait quatre morts en Turquie au début de l’année, a confirmé jeudi deux nouveaux cas de cygnes sauvages infectés, portant à cinq le nombre de cas H5N1 avérés.

Vendredi, trois cygnes porteurs du virus H5 ont été découverts dans le département de Rhodope et en Chalcidique, à respectivement 700 km et 560 km d’Athènes.

Deux nouveaux cas de H5N1 ont également été signalés en Italie. Aux portes de l’UE, des cas avérés de H5N1 ont été signalés en Ukraine (22), en Russie (5) et en Croatie (3).

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