La guerre des otages fait rage en Irak

La guerre des otages fait rage en Irak

La trêve, toujours fragile, toujours incertaine, a été maintenue dans la journée de mardi à Fallujah, alors que les émissaires du parti islamique irakien faisaient d’incessants va-et-vient d’un camp à l’autre. Si dans le triangle sunnite, un calme précaire règne, ailleurs, à Baghdad, la tension est montée d’un cran après l’arrestation d’un religieux radical chiite qui venait d’accorder des interviews à des journalistes européens dans le périmètre sécurisé des hôtels Palestine et Sheraton.
Il s’agit de Cheikh Hazem Al-Araaji, chef du bureau radical chiite de Moqtada Sadr. Cette arrestation, en plein négociations entre chiites et Américains, a été vue comme une provocation. Les Américains ne font guère de mystère sur leurs objectifs. Ignorant les médiations en cours, le général John Abizaid, chef du Commandement central américain, a déclaré lundi que les forces américaines ont pour mission de «tuer ou capturer Moqtada Sadr».
Des propos qui ne manqueront pas d’attiser la tension dans un pays où, depuis plus d’une semaine, à l’impasse dans les négociations, s’ajoute, désormais, la guerre psychologique, née de la prise d’otages. Le sort des trois otages japonais, enlevés depuis six jours, reste toujours certain. L’appel de l’empereur Akihito, en personne, est resté sans écho. La guérilla qui s’attaquait jusqu’ici aux forces de sécurité irakiennes a basculé depuis peu dans une vieille recette utilisée aussi dans la guerre des milices au Liban. Lundi, plus d’une trentaine d’otages de toutes nationalités seraient aux mains des milices. Mardi, peu après la libération du groupe de huit civils russes et ukrainiens, la société Technoprom, qui emploie 370 personnes dans le secteur énergétique en Irak, a pris la décision d’évacuer tout son personnel, d’après un porte-parole de l’entreprise qui s’adressait à l’AFP. Les employés de Technoprom travaillaient dans la construction d’une centrale thermoélectrique à 60 km de Bagdad. L’autre grande société russe en Irak, Intergenergoservis, a indiqué, pour sa part, «étudier» l’évacuation de ceux de ses employés qui souhaiteraient quitter l’Irak. Pour sa part, l’Amérique fait état de deux soldats portés disparus ainsi que de sept employés travaillant pour la société Halliburton. La chaîne qatariote Al-Jazira avait diffusé samedi une vidéo montrant un homme civil, présenté comme Thomas Hamill et qui serait l’un des employés de la société Halliburton. Les ravisseurs qui menaçaient de l’exécuter si les GI’S ne se retiraient pas des abords de Fallujah ont accepté de renoncer à cette option d’après un responsable de la ligue de défense des droits irakiens. La République Tchèque aussi déplore la disparition de trois journalistes au Nord de Baghdad, en route pour Amman. Les trois hommes partageaient le même taxi, selon la radio publique tchèque.
La télévision iranienne «Al-Alam» a diffusé, jeudi 8 avril, les images d’un Arabe israélien enlevé par un groupe radical, Ansar Al-Dine, présenté comme un agent israélien. Un Canadien d’origine syrienne travaillant pour l’organisation américaine «International Rescue Committee» a été aussi enlevé le 8 avril par des milices locales entre Koufa et Nadjaf.
Face à la recrudescence de ces enlèvements, certaines organisations humanitaires sont obligées de réduire leur voilure et d’évacuer leurs derniers expatriés. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) vient d’annoncer la suspension «provisoire» de ses vols aller-retour Amman-Bagdad. «Seuls les employés locaux continueront à travailler sur le terrain», a déclaré Jette Soerensen, porte-parole de l’organisation. Médecins du Monde (MDM) réfléchit à un plan d’évacuation de ces derniers expatriés qui leur éviterait de passer par Bagdad et la dangereuse route menant vers Amman. Quatre employés de l’organisation ont quitté l’Irak dimanche, en direction de la Turquie.

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