La Kabylie paralysée

Le scrutin pour le renouvellement des assemblées communales et départementales s’est déroulé jeudi en Algérie. Pour ces élections locales, 17 millions d’électeurs étaient convoqués pour élire les assemblées de plus de1.500 communes et celles de48 wilaya.
Peu de personnes se sont pressées devant les bureaux de vote. La foule était tout aussi peu nombreuse que lors des législatives du 30 mai dernier. Pourtant, traditionnellement, les élections locales captivent plus l’attention des électeurs algériens que les législatives.
Des renforts massifs de policiers ont été dépêchés en Kabylie, en dissidence depuis les émeutes sanglantes du printemps 2001. La Kabylie était paralysée par une grève générale massivement suivie.
Les bureaux de vote, protégés par un déploiement impressionnant de policiers anti-émeutes, ont ouvert, mais peu d’électeurs s’y étaient présentés. Sur les routes, désertés par les forces de sécurité, des groupes de jeunes ont érigé des barricades. Jeudi, la Kabylie était en ébullition : la formidable mobilisation a touché toute la population, collégiens, étudiants, médecins, femmes et syndicalistes.
Décisif pour le contrôle de la Kabylie et pour la paix civile dans la région, ce scrutin n’aurait pas pris une telle importance sans la lutte pour le pouvoir qui oppose le haut commandement de l’armée et la présidence, relèvent des diplomates occidentaux basés à Alger. Ils soulignent que «l’affrontement entre intérêts contradictoires au sein du régime est transposé dans la population. Faute de pouvoir stabiliser la situation à son avantage, on préfère maintenir le désordre pour ne pas avantager le camp adverse».

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