La Libye célèbre sa révolution

La Libye célèbre sa révolution

La Libye a célébré, jeudi dernier, le 36ème anniversaire de la Révolution du 1er septembre conduite par le colonel Moammar Kadhafi en 1969. L’heure était à la fête. D’après des sources libyennes, des festivités ont été organisées dans différentes régions du pays. À Tripoli, des cérémonies officielles ont eu lieu avec des défilés populaires auxquels ont pris part près d’un million de personnes, selon les organisateurs. 
Plusieurs délégations arabes et étrangères ont participé à ces cérémonies présidées par le guide de la révolution libyenne, le colonel Moammar Kadhafi, en présence de hauts responsables et de plusieurs autres personnalités. Le Maroc a, lui aussi, été présent. Une délégation officielle conduite par le Premier ministre, Driss Jettou, s’était rendue mercredi dernier à Tripoli pour assister à cette commémoration.
Une commémoration de 36 ans de règne du colonel Moammar Kadhafi. Trente-six ans après le coup d’Etat mené par le colonel Moammar qui destitua le roi Idriss. Tout comme l’Egypte, le dirigeant libyen avait opté pour le camp soviétique. C’était en 1970 qu’il proclama la naissance de la Jamahiriya arabe populaire et socialiste.
Bénéficiant des privilèges des “rouges”, le colonel décida de devenir un éternel révolutionnaire. En un mot, le «Che Guevara» africain. Il ne cessa d’apporter le soutien logistique et le matériel militaire à plusieurs mouvements séparatistes en Afrique. Un choix qui va lui créer plusieurs problèmes envers la communauté internationale en général et les Etats-Unis en particulier. Pendant plusieurs années, la Libye aura l’image d’un pays qui soutient le terrorisme.
Durant cette période «glorieuse», le colonel se distingua par son mépris envers les Etats-Unis et leur politique. Un mépris qui va s’accentuer après la chute du communisme. Le «Guide de la révolution»  chercha à devenir la bête noire des Yankees. Cependant, deux ans après l’adhésion de la Libye à l’Union du Maghreb arabe (UMA), le père de la révolution libyenne sera compromis.
L’implication de la Libye dans l’explosion d’un avion de la Panam au-dessus de la petite ville écossaise de Lockerbie en 1991 aura des conséquences imprévisibles sur le dirigeant libyen. Même si cette implication n’a pas été entièrement prouvée, en avril 1992, le pays sera sous embargo international (militaire et aérien). 
L’embargo a totalement déconnecté la Libye du monde. La situation économique s’aggravera. Un marché maigre où tous les produits sont subventionnés par l’Etat. Malgré ses richesses, le pays ne pouvait pas redresser la barre à cause de l’embargo. Une véritable chute libre qui finira par pousser Kadhafi à conclure un accord autorisant les deux ressortissants libyens impliqués dans l’attentat de Lockerbie à être jugés aux Pays-Bas. En avril 1999, l’ONU a suspendu l’embargo qui frappait le pays de Kadhafi.
La fin de l’embargo a suscité un véritable soulagement au sein de la population libyenne. Une décision qui a alimenté l’espoir d’une relance de l’économie. Surtout que le pays se dote d’énormes ressources pétrolières.
Les réserves du pays en pétrole sont d’environ 36 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), et de 1 314 milliards de m3 en gaz naturel. En 2003, la production libyenne a augmenté de 7,5%, à 1,42 million de barils par jour. Elle était presque du double en 1970. Aujourd’hui, l’ère après-embargo commença à se dessiner. L’ouverture a permis d’attirer de grands investissements dans le pays. Les hypermarchés font leur entrée dans le pays.  Actuellement, c’est un grand marché avec une forte demande. L’embargo a créé chez les libyens une grande soif en matière de consommation. Un pays riche en pétrole qui ne demande qu’à consommer. Pareillement à ce mouvement, une nouvelle bourgeoisie commence  à émerger. La Libye est en train de changer. Par ailleurs,  en matière des droits de l’Homme, le pouvoir libyen commence à faire des progrès : libération des détenus, un IER version Kadhafi, etc.
La commémoration de la révolution libyenne intervient à un temps où le pays est en pleine mutation. Serait-ce le début d’une nouvelle ère en Libye ? Une ère de modernisation ? Peu probable, vu que la gestion du pays demeure toujours archaïque.

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