La Libye n’est plus un état rebelle

Le président libyen Muammar Kadhafi ne veut plus qu’on range son pays parmi les Etats voyous et il compte désormais suivre une ligne politique conforme aux lois internationales et à la ligne politique de l’Union africaine, notamment à l’égard des Etats-Unis.
Cet engagement a été pris par Kadhafi dans un discours prononcé samedi à l’occasion du 33e anniversaire de la révolution libyenne. «A l’avenir, la politique libyenne sera celle de l’Union africaine et par conséquent, notre pays n’agira plus seul» sur la scène internationale», a souligné le président libyen qui a été l’un des inspirateurs de la naissance de cette nouvelle structure qui a remplacé l’OUA. «Ceux qui accusent la Libye d’être un pays rebelle ne pourront plus défendre cette thèse», a-t-il ajouté dans un discours fleuve prononcé à l’occasion à Sebha, ville dans laquelle il avait préparé, alors jeune officier, son coup d’Etat. «La Libye ne peut plus s’accrocher aux Arabes, étourdis par la mondialisation et par le processus de Barcelone et dont la Ligue, docile et inefficace, est incapable de rivaliser avec l’Union africaine». «L’Afrique et non plus le pétrole est désormais l’espoir de la Libye», a-t-il dit.
Au cours de ces dernières années, Muammar Kadhafi, qui se considérait comme le champion de l’unité arabe, a imprimé une orientation africaine à sa politique étrangère. Il tente également d’améliorer ses relations avec les pays occidentaux, en acceptant que deux libyens accusés de l’attentat de Lockerbie en 1988 contre un avion de la Pan Am soient jugés par la justice écossaise, ce qui avait conduit à la suspension des sanctions de l’ONU qui lui étaient imposées. Plus récemment, La Libye s’est montrée prête à indemniser les familles des 270 morts, ce qui a été jugé comme un pas dans la bonne direction par plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-unis. Évoquant par ailleurs, les menaces de frappes américaines contre l’Irak, le président libyen a estimé qu’une telle action serait «un argument de poids pour les terroristes qui ont toujours soutenu que les Musulmans sont dans le collimateur de l’Occident». «Une telle attaque déstabiliserait en outre l’ensemble de la région», a-t-il dit, affirmant que pour l’Occident doit comprendre que «la chute de Saddam Hussein transformerait l’Irak en un nouvel Afghanistan». «Le régime de Saddam Hussein est préférable pour eux. C’est un régime fort». De surcroît, a-t-il poursuivi, une offensive américano-britannique contre l’Irak donnerait «un coup de main» à Oustachi Ben Laden, le chef d’Al Qaïda, cerveau présumé des attentats du 11 septembre. Il dira qu’il a de bonnes raisons de frapper l’Amérique, que «le monde musulman est visé» .
Le président Kadhafi a profité de l’occasion pour condamner implicitement les attentats perpétrés voilà près d’un an aux Etats-Unis. «On n’a jamais vu un acte aussi horrible et terrifiant effectué d’une manière aussi exhibitionniste». Mais il a aussi appelé Américains et Britanniques à changer de politique à l’égard des Arabes et des Musulmans en général. «Kadhafi a également plaidé pour la réhabilitation de son pays, qui figure toujours sur la liste établie par le Département d’état américain des pays soutenant le terrorisme. La Libye est en effet accusée d’avoir abrité des organisations terroristes comme celle du Palestinien Abou Nidal et d’avoir commandité des attentats comme ceux de Berlin-Ouest en 1988. «Maintenant, personne ne peut affirmer que la Libye est un état voyou. Il n’y a pas de politique libyenne, mais une politique africaine qui représente la Libye autant que le Losotho», a-t-il insisté. «Nous devons agir dans le respect des intérêts de l’Union africaine, même avec les Etats Unis», a-t-il ajouté.

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