La Ligue du Nord domine dans le gouvernement Berlusconi

Silvio Berlusconi met actuellement la dernière main à la composition du prochain gouvernement italien, qui sera marqué par une forte présence du parti populiste et anti-immigrés de la Ligue du nord, rançon de son succès aux législatives des 13 et 14 avril. La présentation officielle du gouvernement «B&B», comme la presse l’a surnommé en référence aux noms de Berlusconi et d’Umberto Bossi, le chef de la Ligue du nord, est attendue vers la mi-mai. Mais la plupart des noms des ministres, fruit d’âpres tractations entre les vainqueurs des élections, sont déjà connus. A l’issue d’une réunion dimanche soir à Arcore, la propriété de Silvio Berlusconi près de Milan (nord), Umberto Bossi a annoncé avoir obtenu quatre ministères. C’est grâce à la Ligue du nord, qui a doublé son score aux législatives en obtenant 8,3% des voix, que Berlusconi dispose de la majorité absolue à la Chambre des députés et au Sénat. Ce parti antieuropéen, protectionniste et xénophobe aura l’un des deux postes de vice-Premier ministre dont le titulaire sera Roberto Calderoli, a affirmé Umberto Bossi. En février 2006, alors qu’il était ministre des Réformes dans le précédent gouvernement Berlusconi, Roberto Calderoli avait déboutonné sa chemise en plein journal télévisé pour dévoiler un T-shirt imprimé d’une caricature du prophète Mahomet. Cette provocation avait déclenché de violentes manifestations devant le consulat d’Italie à Benghazi (Libye), qui avaient fait 11 morts. Le ministère de l’Intérieur, un poste particulièrement sensible alors que la sécurité a été l’un des sujets chauds de la campagne électorale, est destiné à l’un des hommes forts de la Ligue, Roberto Maroni. Il a déjà occupé cette charge pendant huit mois en 1994 dans le premier gouvernement Berlusconi. Dans une interview lundi au Corriere della Serra, il a promis «plus de rigueur contre l’immigration clandestine». «Il faut plus de nettoyage et de police», a-t-il déclaré, liant la criminalité à «l’immigration, souvent clandestine». «Il ne faut pas généraliser. La grande majorité des immigrés travaillent et participent à la richesse de ce pays», a réagi Daniela Pompei, responsable du dossier immigration à la communauté catholique de Sant’Egidio.

• Françoise Michel (AFP)

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