La Maison-Blanche sort de son mutisme

Au moins 32 Palestiniens sont tombés vendredi à l’aube sous les balles de l’armée d’occupation israélienne, qui a effectué un nouveau raid des plus sanglants, multipliant ses incursions. vendredi avant l’aube l’armée israélienne a engendré l’un des bilans les plus sanglants depuis 16 mois.
Cette montée de la répression s’opère alors que le président américain George Bush a annoncé qu’il allait dépêcher son émissaire Anthony Zinni dans la région pour tenter d’enrayer la spirale de la violence. Mercredi, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell déclarait que «le Premier ministre Ariel Sharon doit réfléchir sérieusement à sa politique et se demander si elle est efficace».
Et d’ajouter, à l’intention de Sharon : «Si vous déclarez la guerre aux Palestiniens et pensez que vous pouvez résoudre le problème en observant combien de Palestiniens vous avez tués, cela ne conduit nulle part». Une critique largement reprise par la presse israélienne, américaine et arabe.
En effet, «la Maison-Blanche a rarement critiqué ouvertement et d’une manière aussi ferme la stratégie de représailles préconisée par Sharon contre les attaques terroristes des Palestiniens», commente le «New York Times». Le «Washington Post», pour sa part, s’étonne du silence observé jusque-là par l’administration Bush, «une passivité qui facilite, voire alimente, le conflit.
En se contentant de regarder la guerre se dérouler, les Etats-Unis ont renoncé au rôle d’intermédiaire qu’ils avaient assumé depuis des décennies dans la région». Les Arabes sont incapables d’arrêter cette guerre qui commence, poursuit le journal, et «peut-être que les Etats-Unis non plus ne peuvent plus la stopper. Mais c’est une erreur de la part de l’administration Bush de ne pas s’y atteler ». Pour le quotidien «Al Hayat», «Sharon a toujours refusé le dialogue, avec le soutien de Washington.
En acceptant cette dégradation de la situation, l’administration américaine est devenue incapable de formuler la moindre proposition». Pour sortir de cette impasse, «Washington est à la recherche d’une initiative arabe. Mais, avant de faire pression sur les Arabes et de leur demander d’intervenir auprès d’Arafat, il revient aux Américains de montrer leur volonté de mettre un terme à la barbarie de Sharon». «Les critiques de Powell semblent être une réaction aux déclarations de Sharon», estime le «Jerusalem Post». Ce dernier a récemment promis de « frapper durement les Palestiniens pour leur apprendre qu’ils n’obtiendront rien par le biais du terrorisme».
Néanmoins, jusqu’à hier, la réaction américaine était de condamner la violence, poursuit le quotidien israélien. «Washington serait en train de soupeser de nouvelles possibilités, sous la pression des dirigeants arabes. La plus récente intervention étant celle du président égyptien Hosni Moubarak, qui vient de rencontrer le président Bush». Mais, pour Sharon, «c’est l’avis de Bush qui compte», écrit le «Yediot Aharonot» en citant de hauts responsables israéliens.

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