La Palestine révise sa constitution

Un projet de Constitution palestinienne, destiné à mieux adapter les Institutions à travers un plus grand équilibre entre les trois pouvoirs, est en gestation. Il prévoit que le futur Etat palestinien, indépendant et souverain, sera une démocratie dirigée par un président dont les mandats de cinq ans seront limités à deux.
Le projet considère Jérusalem-Est comme capitale du futur Etat, lequel vivra en paix avec ses voisins, et aura l’Islam pour religion officielle tout en défendant la liberté de culte pour les autres confessions. Le Président élu sera à la tête de l’Exécutif, mais le gouvernement sera dirigé par un Premier ministre chargé par ailleurs de superviser les forces de sécurité.
Le Conseil central de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) devait se prononcer, début janvier, sur ce projet de Constitution, mais le couvre-feu, les bouclages et la répression qui se sont abattus sur les territoires palestiniens réoccupés par Israël ont empêché ses membres de se réunir.
C’est une Constitution libérale et démocratique qui sera soumise au suffrage populaire palestinien. Elle prévoit la liberté d’expression, la transparence et la séparation des pouvoirs. Le projet stipule que les Palestiniens qui ont été acculés à s’exiler, chassés par la répression sioniste, lors de la création d’Israël en 1948, ont le droit de retrouver leur mère-patrie conformément aux résolutions de l’ONU.
Le projet de Constitution palestinienne stipule aussi que les Palestiniens déplacés en 1948 et en 1967, lorsqu’Israël a colonisé la Cisjordanie et la Bande de Gaza, ont droit à des indemnités. Le projet ne définit pas les frontières définitives ni le statut de Jérusalem et de ses lieux saints. Il suggère trois options : ne pas mentionner les frontières ; déclarer que la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem-est constituent une seule entité géographique ; ou dire que les futures frontières doivent être basées sur le résolution de l’ONU de 1967 exigeant le retrait d’Israël des territoires arabes occupés, sans préciser l’étendue de ce retrait.
Dans l’immédiat, les enjeux concernent les élections législatives israéliennes de la semaine prochaine. Ces législatives sont perçues par les dirigeants palestiniens comme un choix entre la guerre et la paix.
L’homme de la rue n’en attend apparemment rien, lui. Même s’il s’agit d ‘ « une guerre intérieure », les élections israéliennes ont toujours eu des incidences sur la cause palestinienne. Ainsi, la réélection d’Ariel Sharon rendra difficile la conclusion de la paix. Au contraire, une majorité travailliste prône une reprise immédiate et sans condition des négociations avec l’Autorité palestinienne, bloquées depuis janvier 2001, et considère Yasser Arafat comme le représentant légitime élu par le peuple palestinien.
L’Autorité palestinienne a invité les militants palestiniens à la retenue à l’approche des élections israéliennes. Elle a aussi réaffirmé son rejet de tous les actes de violence qui visent les civils palestiniens et israéliens. D’ailleurs, les divers mouvements de libération palestiniens se retrouvent, ce mercredi au Caire, pour discuter de la suspension des attentats-suicide.
D’une manière générale, le peuple palestinien ne se fait pas d’illusion. Il sait pertinemment que le parti travailliste et la gauche israélienne ne constituent pas la solution idéale. Mais, ils sont les seuls qui acceptent la reprise sans condition du dialogue.

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