La partie d’échecs nucléaire

La partie d’échecs nucléaire

L’entrée de la Corée du Nord dans le club très fermé des puissances nucléaires a fait l’effet d’une bombe dont les ondes de choc ont ébranlé la communauté internationale.
La réaction de cette dernière n’a pas tardé. Condamnations et indignations ont émané de partout et ce dès la confirmation du premier essai nucléaire de Pyongyang. Et après les mots, place maintenant aux actes. Le processus du Conseil de l’ONU est désormais enclenché. Mais cette fois-ci, l’appel à la fermeté face au régime communiste de la Corée du Nord est unanime. Même la Chine, allié historique de Pyongyang, n’a pas émis d’objection contre l’usage de sanctions pour faire revenir celle-ci à la «raison».
Pékin perçoit l’essai nucléaire nord-coréen comme une sorte de «trahison» de la part de l’un de ses principaux partenaires économiques.
Pis encore, pour la Chine le dossier du nucléaire nord-coréen était l’une des précieuses cartes dont elle disposait. Face aux Occidentaux, Pékin enfilait le costume du négociateur qui œuvrait pour convaincre Pyongyang de renoncer à son programme d’armement nucléaire. Mais la Corée du Nord a maintenant sa propre bombe atomique.
Et déjà certains observateurs parlent de «fiasco diplomatique» pour Pékin, surtout que Kim Jong-Il a pris un malin plaisir à faire détonner son engin au lendemain d’une sérieuse mise en garde du numéro un chinois.
Désormais, la communauté internationale est d’accord sur une chose : il faut sanctionner la Corée du Nord. Mais comment ? C’est là où réside le problème. La définition des sanctions ne sera pas facile dans la mesure où chaque membre du Conseil de sécurité en développe une vision différente. La partie se résume donc à un jeu d’intérêt.
Le projet proposé par Washington envisage une interdiction du commerce de matériaux pouvant servir à la construction d’armes de destruction massive ; un gel des avoirs nord-coréens liés aux programmes d’armement et aux activités illicites ; une interdiction du commerce de produits militaires ou de luxe avec la Corée du Nord et une inspection de tous les cargos à destination ou en provenance des ports nord-coréens.
Le texte prévoit aussi que les Etats membres doivent s’assurer que leurs territoires et activités financières ne servent pas aux activités illicites ou de prolifération de Pyongyang.
Les États-Unis et le Japon se sont présentés comme étant partisans de la ligne dure, mais la Russie et la Chine se montrent quant à elles réticentes à ce que la résolution finale soit inscrite sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies. Ces deux pays  opposés au recours à la force. Mais ce tollé international ne semble faire ni froid ni chaud au régime de Pyongyang. La Corée du Nord se dit prête à reprendre les discussions… tout en brandissant la menace de nouveaux essais. Ceci d’autant plus que les sanctions économiques n’auront aucun effet sur ce pays déjà sous embargo américain.
Les Nord-coréens connaissent très bien la signification du mot «pauvreté».
La situation humanitaire dans le pays ne cesse de s’aggraver, mais le régime de Kim Jong-Il ne s’en soucie point. Dans ces conditions, la situation paraît assez compliquée. Chaque camp tente désormais de placer ses pions. La partie d’échecs ne fait donc que commencer ! 


 Les essais nucléaires à ce jour

Depuis le 16 juillet 1945, date du premier essai nucléaire américain, quelque 2054 essais, dont plus de 1500 souterrains, ont été réalisés par les puissances atomiques.
Etats-Unis :
– 1030 (1er essai le 16 juillet 1945)
Union soviétique (Russie):
– 715 (1er essai le 14 juillet 1949)
France :
– 210 (1er essai le 13 février 1960)
Royaume-Uni:
– 45 (1er essai le 3 octobre 1952)
Chine :
– 43 (1er essai le 16 octobre 1964)
Pakistan :
– 6 (1er essai en 1998)
Inde :
– 5 (1er essai en 1998)
Corée du Nord :
– 1 (1er essai le 7 octobre 2006, s’il est confirmé).

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