La politique française en Afghanistan en débat à l’Assemblée

Nicolas Sarkozy se rend mardi à Castres (Tarn) dans le 8e Régiment de parachutistes de marine dont faisaient partie huit des dix soldats tués lundi dernier en Afghanistan. Parallèlement, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Hervé Morin et Bernard Kouchner, doivent être entendus à l’Assemblée nationale sur la politique française en Afghanistan. Selon un sondage CSA pour Le Parisien, 55% des Français sont favorables au retrait du contingent tricolore, quelque 2.600 soldats. Conformément à leur demande, les familles et les proches des soldats tués dans l’embuscade de lundi dernier se rendront sur place «dans les tous prochains jours» dans le cadre d’un déplacement organisé par l’armée, a par ailleurs annoncé le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin. Dans un entretien que publie Le Parisien mardi, le ministre de la Défense revient sur les conditions de cette attaque survenue près de Kaboul après les déclarations d’un général français selon qui l’armée a pêché par «excès de confiance». «Dans le contexte du 18 août, date de l’indépendance de l’Afghanistan, aurait-on dû être plus précautionneux, plus attentifs? C’est toujours facile à dire une fois que les choses sont arrivées», estime Hervé Morin. Sur RMC un peu plus tard, il a insisté sur le fait qu’il n’y avait eu «aucun tir fratricide» le 18 août contrairement à certaines informations publiées dans la presse. Dans Le Parisien, il explique avoir demandé des propositions au chef d’état-major des armées, parmi celles-ci l’envoi de «quelques forces spéciales non pas pour mener des opérations militaires en tant que telles mais pour améliorer le renseignement afin de permettre à nos troupes de mieux appréhender l’environnement dans lequel elles se trouvent». Jusqu’en janvier 2007, la France avait déployé quelque 200 militaires des forces spéciales aux côtés des troupes américaines principalement dans le sud de l’Afghanistan. L’envoi de forces spéciales est une option parmi beaucoup d’autres, a expliqué par la suite le général Georgelin sur Europe 1, rappelant que la décision revenait au chef de l’Etat, chef des armées. «Il faut améliorer notre contingent. Ceci conduira, pourrait conduire à l’augmenter mais dans des catégories très particulières», a-t-il déclaré. La présence des forces françaises en Afghanistan, décidée fin 2001 et renforcée par Nicolas Sarkozy en avril dernier, fera l’objet d’un débat suivi d’un vote à l’Assemblée nationale le 22 septembre. En Afghanistan, «nous ne sommes pas engagés dans un combat franco-français mais dans un combat international contre le terrorisme dont dépend notre sécurité», ajoute le ministre, interrogé par Le Parisien sur ce qu’il compte dire devant les députés.

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