La question kurde contamine la Syrie

Les affrontements déclenchés vendredi dans le gouvernorat de Hassaké (520 km au nord-est de Damas) entre population kurde et forces de l’ordre appuyées par des membres de tribus arabes font craindre un effet de contagion des tensions ethniques en Irak, ont précisé ces mêmes sources. Elles soulignent que, les heurts qui ont éclaté après des provocations mutuelles des supporters adverses avant un match de football à Qamichli, première ville kurde de Syrie, interviennent alors que Washington, qui se pose en protecteur des Kurdes, brandit la menace de sanctions économiques et politiques contre la Syrie.
Le département d’Etat américain a appelé, ces derniers jours les autorités syriennes à ne pas recourir à la répression contre la population kurde et à reconnaître ses droits culturels. Les dirigeants de Damas s’étaient montrés farouchement opposés à la guerre américaine contre l’Irak lancé en mars 2003, soulignant ses « effets déstabilisateurs » sur la région. Outre les conséquences politiques pour la région de cette guerre, ils s’inquiétaient aussi de l’émergence d’un Etat kurde à leurs portes, qui pourrait « réveiller » la minorité kurde de Syrie, estimée à un million et demi de personnes. « Les agitations ont réveillé le problème kurde en Syrie », a estimé un diplomate arabe à Damas.
Les autorités devraient « le reconnaître et assumer leurs responsabilités », a-t-il ajouté. Selon lui, « le climat régional actuel » a pu encourager ces derniers jours les autonomistes kurdes, faisant référence aux droits obtenus par les Kurdes en Irak. L’avocat Anouar Bounni, qui milite pour les droits de l’Homme en Syrie, a qualifié de « légitimes » les revendications culturelles kurdes et leur droit à s’exprimer. Il a invité les autorités à procéder à « une ouverture politique » pour régler les problèmes des Syriens kurdes représentant 9% de la population.
Les partis politiques kurdes, généralement interdits d’activité en Syrie, évoquent régulièrement le problème des 200.000 des leurs réclamant des cartes d’identité. Mais les autorités, ainsi qu’une bonne partie de l’opinion publique syrienne, soupçonnent les radicaux kurdes de nourrir des visées « séparatistes ».

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