La ratification devrait continuer, malgré les deux «non»

«Il faut constater que l’Europe ne fait plus rêver», a déploré le président
en exercice de l’UE, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

«Je reste néanmoins d’avis que le processus doit pouvoir continuer dans les
autres pays», a ajouté M. Juncker, pourtant «inquiet» de l’issue du prochain
référendum, le 10 juillet dans son pays.

«Le processus de ratification doit continuer», a renchéri le chancelier
allemand Gerhard Schröder, «toujours convaincu que nous avons besoin de la
Constitution si nous voulons une Europe démocratique, sociale et forte».

Malgré le non au traité de deux fondateurs de l’Union, la Suède a indiqué
vouloir mener à bien sa propre ratification, par la voie parlementaire.

La Lettonie lui a montré le chemin jeudi matin. Par 71 voix pour, 5 contre
et six abstentions, les députés de Riga ont fait d’elle le dixième pays de
l’UE à entériner la Constitution, sur les douze qui se sont déjà prononcés.

Pour le président français Jacques Chirac, dont les compatriotes avaient les
premiers rejeté le traité dimanche, le résultat aux Pays-Bas «traduit de
fortes attentes, interrogations et préoccupations sur le développement du
projet européen».

«L’atmosphère politique générale, les problèmes économiques et les craintes
de l’élargissement futur de l’UE sont responsables des résultats des
référendums en France et aux Pays-Bas», a acquiescé le ministre des Affaires
étrangères hongrois Ferenc Somogyi.

«Il appartient à tous les autres Etats membres de l’Union de s’exprimer à
leur tour», a néanmoins insisté M. Chirac.

Sans nier que le double non franco-néerlandais constituait un «revers pour
l’Europe», le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a jugé qu’«il ne serait
pas correct, à l’égard des autres Etats membres, d’arrêter dès maintenant le
processus de ratification».

«Ce ne sont ni les Français ni les Néerlandais qui doivent décider ce que
pense le peuple danois», a approuvé le Premier ministre danois Anders Fogh
Rasmussen, dont le pays doit voter par référendum le 27 septembre.

Même son de cloche en Grèce, au Portugal ou encore en République tchèque.
«Nous allons continuer nos efforts pour faire ratifier la Constitution», a
assuré le chef du gouvernement de Prague, Jiri Paroubek.

Le ministre britannique aux Affaires européennes Douglas Alexander a
souligné que le traité constitutionnel avait été «signé par 25 nations» et
qu’il ne revenait «pas à une de le déclarer mort».

Pour le moment, le souci de beaucoup paraît être d’éviter que le Royaume-Uni
ou un autre pays n’ayant pas encore ratifié la Constitution n’annonce qu’il
y renonce.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a
réitéré son appel aux dirigeants de l’UE à «s’abstenir de toute initiative
unilatérale avant le sommet de Bruxelles» des 16 et 17 juin.

Le chef de la diplomatie britannique Jack Straw avait auparavant affirmé que
le double non franco-néerlandais posait «de sérieuses questions sur la
direction que doit prendre l’Union européenne».

Jean-Claude Juncker a annoncé que les dirigeants européens procéderaient au
sommet à «une analyse collective» de la situation et promis de leur faire
des «propositions» pour montrer «que l’Europe fonctionne».

L’Espagne, seul pays à ce jour à avoir dit oui à la Constitution par
référendum, s’est dite prête à jouer «un rôle actif dans la recherche de
solutions».

«Je crois que l’Europe n’est pas encore terrassée (…) Nous ferons tout en
tout cas pour qu’elle se remette très rapidement», a affirmé M. Juncker. 

«L’Italie sera parmi les protagonistes d’une relance (…) qui a toujours eu
lieu après chaque coup d’arrêt», a promis son président Carlo Azeglio
Ciampi.

Proche des populistes de la Ligue du Nord, le vice-Premier ministre italien
Giulio Tremonti estime en revanche que la Constitution européenne «telle
qu’elle a été présentée et gérée est finie».

La réaction la plus étonnante est venue du vice-chancelier autrichien Hubert
Gorbach, dirigeant du parti BZÖ du leader populiste Jörg Haider hostile à la
construction européenne. M. Gorbach s’est prononcé pour un «référendum
général européen».

D’après Le Figaro

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