La résistance cible l’armée

La résistance cible l’armée

Trois soldats et deux gardes-frontières israéliens ont péri, entre mercredi et jeudi derniers, dans deux opérations distinctes, oeuvre de la résistance palestinienne. Lors de la première opération, deux gardes-frontières ont trouvé la mort, après qu’une jeune Palestinienne ait activé la charge explosive qu’elle portait. L’attentat, qui a eu lieu à Jérusalem-est, a été revendiqué par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa.
Moins de 24 heures après, un commando armé de Kalachnikovs et de grenades a tenté une infiltration dans la colonie de Morag. Composé de trois membres, le commando a profité d’un épais brouillard matinal pour s’approcher des positions israéliennes, un poste militaire gardant la colonie en question.
La fusillade a éclaté et s’est soldée, dans un premier temps, par la mort de trois militaires israéliens, dont un officier, en plus de deux membres du commando. Le troisième membre a réussi à prendre la fuite et s’est terré dans les serres de la colonie. Un autre soldat israélien a été grièvement blessé.
Ce n’est que quelques heures plus tard, alors qu’un général israélien donnait un point de presse, qu’un nouvel échange de tirs a éclaté. Le troisième homme du commando palestinien a été tué dans l’assaut lancé par les forces de l’occupation, qui a duré près d’une trentaine de minutes et qui a été donné à moins de 200 mètres de l’endroit où se tenait le point de presse. Un journaliste du «Yediot Ahronot» a par ailleurs été blessé à la jambe, lors de l’évacuation des journalistes qui s’est faite sous le sifflement des balles.
L’opération du commando palestinien intervient dans une conjoncture marquée par une vive opposition dont fait l’objet le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, à cause de son « plan de désengagement » de la totalité des colonies juives de Gaza et de quatre colonies isolées de Cisjordanie d’ici septembre 2005.
Le plan unilatéral de retrait prévoit l’évacuation de quelque 8.500 colons, vivant parmi plus de 1,5 million de Palestiniens dans la bande de Gaza, en plus d’un demi-millier d’Israéliens qui vivent dans le nord de la Cisjordanie.
Cette opération qui a infligé de sérieuses pertes à l’armée israélienne, en dépit de ses moyens sophistiqués en matière d’armement et de logistique, a été orchestrée par trois organisations palestiniennes, à savoir le Jihad islamique, les Comités de résistance populaire et le groupe d’Ahmed Abou Al-Rich.
En effet, de la bouche même d’un responsable de la colonie Morag, l’armée israélienne a été touchée de plein fouet. «Malheureusement, nous avons subi de fortes pertes», a-t-il estimé, soulignant que le premier échange de tirs avait duré près de trois quarts d’heure. Morag, une colonie où vivent 36 familles, s’est ainsi réveillée sur le bruit des échanges de tir. «Les colons de Morag sont restés cloîtrés dans leurs maisons sur ordre de l’armée depuis le début de l’attaque, qui a eu lieu aux environs de 06H00 locales (04H00 GMT)», a indiqué ce responsable.
Celui-ci n’hésite pas à corréler l’activité croissante des résistants palestiniens au plan de retrait de la bande de Gaza, que le Premier ministre israélien Ariel Sharon trouve du mal à appliquer.
Des déclarations qui distillent une vision aberrante de la réalité et qui est générale en Israël, dont les responsables ne sont autres que des bourreaux qui se plaisent à endosser la casquette de victimes. Une aberration qui n’a d’égal que le caractère sauvage que revêtent ces colonies.
Ainsi, ces opérations ont vite fait d’être qualifiées d’actes terroristes; pour l’Etat hébreu, donc, la résistance et le terrorisme figurent dans le même registre. Dans ce contexte, il est pertinent de rappeler que ces deux opérations ont visé des hommes en treillis. C’est-à-dire des hommes qui représentent l’occupant et qui protègent la colonisation. C’est ce que l’on pourrait appeler un acte de résistance. Pour la liberté et la dignité, cette jeune femme et ces trois hommes ont sacrifié leurs vies, à l’instar de tout peuple opprimé dans l’Histoire de l’humanité.
À l’instar, toujours, des grandes puissances dictatoriales, Israël a vite fait de dépêcher plusieurs unités blindées, des hélicoptères… et s’est vengé de la population civile dans le camp de réfugiés de Khan Younès, au sud de Gaza. Comme de coutume, Tsahal a semé la terreur parmi les femmes et les enfants. Voilà un acte, à répertorier dans le registre de la terreur, perpétré par les plus grand groupe terroriste institutionnalisé de tous les temps et qui, malheureusement, trouve sa place parmi les nations dites civilisées. À quand la fin de la duplicité ?

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