La résolution sur l’Irak se fait attendre

Le président égyptien Hosni Moubarak a appelé l’Irak à respecter à la lettre les résolutions de l’ONU et à éviter toute action provocatrice pour ne donner aucun prétexte à une frappe américaine. «La situation est grave et personne ne peut écarter totalement la possibilité d’une frappe en Irak», a déclaré Moubarak. «C’est pourquoi, a-t-il dit, j’ai suggéré au ministre irakien des Affaires étrangères d’oeuvrer sérieusement pour recueillir le maximum d’appui de pays opposés à une frappe, et cela en évitant toute déclaration ou action provocatrice et en respectant les résolutions de l’ONU».
Pendant ce temps, le projet américain de résolution onusienne sur l’Irak se fait attendre. Il y a une semaine, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, avait évoqué la nécessité de rédiger rapidement une nouvelle résolution sur ce pays pour définir les conditions du retour des inspecteurs en désarmement.
L’ONU attend toujours le texte américano-britannique, alors que Washington semble avoir des difficultés à rédiger son projet de résolution. L’administration américaine reconnaît que les offres de Bagdad pour le retour sans conditions des inspecteurs en désarmement ont perturbé ses calculs et retardé la rédaction d’un texte qui doit «demander des comptes» à Saddam Hussein.
Ce qui complique davantage la position américaine est illustré par le fait que le dossier britannique contre le régime irakien’ n’a pas convaincu grand monde» et n’a donc pas su créer la base nécessaire à la rédaction d’un document réellement défendable.
Des observateurs relèvent également l’apparition de dissensions entre Britanniques et Américains. Londres refuserait de voir figurer un paragraphe dans le projet de résolution évoquant «un changement de régime» à Bagdad en cas de non-coopération de Saddam Hussein. Les Anglais rejetteraient également des conditions que Bush veut imposer aux missions d’inspection, comme la possibilité de voir les inspecteurs accompagnés de personnel militaire.
La France et la Russie, qui n’estiment pas nécessaire le vote d’une nouvelle résolution sur l’Irak, se trouvent en position d’attente. La question qui se pose désormais est la suivante : une résolution verra-t-elle le jour avant le départ prévu pour Bagdad des inspecteurs de l’ONU ?
Dès le début de la semaine prochaine, le chef de ces inspecteurs, Hans Blix doit discuter à Vienne des modalités du retour de ses équipes en Irak, prévu pour la mi-octobre. En attendant, les Irakiens vaquent à leurs occupations quotidiennes et s’adaptant aux rigueurs de vie rendue difficile par un embargo qui perdure. Cependant, certains secteurs de l’économie irakienne sont en développement, malgré les sanctions internationales, même si l’approvisionnement en électricité, en eau et en médicaments reste difficile dans certaines régions, selon le directeur du programme des Nations Unies «pétrole contre nourriture», Benon Sevan.
Dans ce contexte, souligne-t-il, il y a suffisamment de nourriture et la distribution se fait dans de bonnes conditions, même si certains aliments font parfois défaut, comme l’huile végétale et le lait en poudre. «L’augmentation régulière de nourriture s’est poursuivie», a-t-il expliqué dans son rapport devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. Benon Sevan a également indiqué que les observateurs des Nations Unies ont constaté une diminution globale du nombre de cas de choléra, rougeole ou méningite. Aucun cas de poliomyélite n’a été diagnostiqué depuis janvier 2001. De nombreux Irakiens ont cependant contracté des maladies liées à une eau peu saine, «principalement en raison de l’état de l’eau et des réseaux sanitaires dans le pays». La plupart des médicaments essentiels sont cependant désormais disponibles. Bien que l’approvisionnement en électricité se soit amélioré au cours des derniers mois, des coupures de courant ont encore lieu dans le centre et sud de l’Irak. Environ 75 % des installations électriques du pays ont été détruites pendant la guerre du Golfe. Plus de 6.000 camions, bus et autocars ont aussi été importés dans le cadre du programme de l’ONU destiné à améliorer les moyens de transport.
Alors que le pays est sous le coup de sanctions depuis 1991, l’augmentation des exportations de pétrole ne sera pas suffisante pour subvenir à tous les besoins humanitaires du pays. Même si l’Irak vendait du brut pour un total de sept milliards de dollars dans les semaines à venir, « seulement 3,01 milliards seraient consacrés à la mise en oeuvre du programme «pétrole contre nourriture», souligne Benon Sevan. Le reste serait utilisé pour d’autres dépenses, comme le programme d’inspection de l’armement, une condition sine qua non de la levée des sanctions.

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