La signature fragile de Bouteflika

Arrivé mardi en Belgique, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, a tenu à entamer son séjour bruxellois par un appel à une plus grande ouverture de l’UE sur les pays du sud de la Méditerranée. «Les pays du Maghreb ne doivent pas faire les frais de l’élargissement de l’UE aux pays d’Europe centrale et orientale», a-t-il souligné à l’issue d’un entretien avec la présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine. Abdelaziz Bouteflika a également insisté pour que l’institution législative européenne considère les pays sud-méditerranéens comme des « partenaires fiables», et pas seulement en « période difficile». Discours accompli, l’Accord d’Association a pu être signé ce mercredi, renforçant ainsi le partenariat euro-méditerranéen et l’instauration d’une zone de libre- échange entre l’UE et les pays méditerranéens à l’horizon 2010. Il fait de l’Algérie le septième pays de la région à conclure un tel partenariat après la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, la Jordanie, l’Autorité palestinienne et Israël. Une adhésion qui a été précédée par de nombreux « rounds » de négociations intensifiés ces derniers mois entre les deux parties. Certains chapitres concernant les produits industriels, les secteurs de l’agriculture et de la pêche, avaient pu avancer mais les problèmes liés au dossier de la justice et des affaires intérieures (JAI) avaient quant à eux demandé plus de diplomatie et de consensus. Sur ce dernier point, l’Union européenne, a d’ailleurs longtemps hésité face aux demandes formulées par la partie algérienne, et relatives aux questions humaines. Alger entendait en effet généraliser à la libre circulation des capitaux et des marchandises, prévue par l’accord, celle de la libre circulation des personnes. Au menu donc : un assouplissement significatif sur la procédure de délivrance de visas pour répondre à la « spécificité algérienne ». Les Quinze, qui avaient alors riposté par des arguments sécuritaires, ont finalement rejoint Alger après la série d’attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Ce nouveau contexte international a entraîné une multiplication des rencontres portant sur la nécessité d’une plus grande stabilisation politique et sécuritaire, et donc de la garantie d’une base juridique viable. Longtemps différé à cause de la priorité donnée à la situation sécuritaire et du blocage constitué par la mise en avant de la fameuse «spécificité algérienne», l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne a donc finalement été paraphé à Bruxelles après 4 ans de discussions intermittentes. Les Parlements de chaque partie (algérien, européen et de tous les Etats membres de l’UE), doivent à présent le ratifier pour son entrée en vigueur définitive. Si côté algérien, on a longtemps été hésitant, cet événement est aujourd’hui présenté comme un « jalon supplémentaire sur la voie du retour dynamique de l’Algérie sur la scène internationale ».

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