La Somalie dans la ligne de mire

D’après plusieurs témoignages, deux engins américains – « Black Hawk » – ont survolé jeudi à basse altitude la plage de Elma’n, au nord de la capitale somalienne et y ont pris des photos. Avec cette nouvelle, la rumeur, qui courait jusqu’alors concernant l’intervention prochaine des Etats-Unis en Somalie, pourrait bientôt devenir réalité… Accusé par Washington d’abriter des terroristes du réseau Al-Qaïda, dirigé par Oussama ben Laden, le pays est devenu, dès le lendemain des attentats du 11 septembre, la cible potentielle de la «coalition internationale contre le terrorisme». Déjà, le 24 septembre dernier, le mouvement somalien Al-Itihaad Al-Islamiya, soupçonné d’être lié au groupe de Bsen Laden, figurait sur la liste de 27 entités soupçonnées de liens avec le terrorisme international, publiée par les Etats-Unis. Le lendemain, l’Ethiopie affirmait détenir des preuves de liens entre cette organisation et le réseau du milliardaire saoudien. Le 18 octobre, le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld, fait monter la pression en indiquant que le mouvement de Ben Laden était «toujours impliqué» en Somalie avec la présence de camps d’entraînements terroristes. Déclaration que le président Abdoulkassim Salat Hassan dément catégoriquement, soulignant que la Somalie est prête à coopérer dans la lutte contre le terrorisme. Le 7 novembre, c’est au tour du président américain, George W. Bush, de monter au créneau en qualifiant Al Barakaat, spécialiste de transferts de fonds, de «financier de la terreur» lié à Al-Qaïda. Les avoirs du groupe somalien sont gelés dans le monde entier. Le compte à rebours a-t-il commencé ? «Asile potentiel pour des groupes terroristes», la Somalie attend alors la sentence de Washington, qui manque encore de preuves. Elle reconnaît finalement début décembre que le mouvement Al-Itihaad Al-Islamiya possède en effet «quelques» militants désorganisés alors que, selon la presse britannique, les Etats-Unis ont commencé des vols de surveillance au-dessus du pays, et placé des navires au large de Mogadiscio… La semaine dernière, des sources humanitaires ont également annoncé qu’un groupe «d’officiers» américains avait rencontré, lors d’une «visite discrète» à Baidoa (dans le Sud), des autorités locales somaliennes. Le «verdict» tombe finalement le 12 décembre : Washington affirme que la possibilité de présence en Somalie de terroristes liés au groupe Al-Qaïda est «tout à fait réelle». Encore émoussée par le conflit afghan, la communauté internationale quant à elle à calmer le jeu. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, demande aux Etats-Unis de limiter leur guerre contre le terrorisme, au sol afghan. Mais celui qui a promis des «ripostes dévastatrices» aux attentats perpétrés sur son sol, semble faire la sourde oreille…

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