La Syrie sous pression internationale

La Syrie sous pression internationale

Des jours sombres s’annoncent devant le régime syrien après la publication du rapport de l’enquête sur la mort de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Fidèle allier de l’Iran, l’ennemi juré des Etats-Unis, la Syrie entre dans une phase d’incertitude.
Pour les Etats-Unis, le régime syrien n’est qu’une épine de plus qu’il faut enlever. Sa place sur l’échiquier mondial n’arrange guère les intérêts des Américains. La publication du rapport de l’ONU incriminant des hauts responsables syriens, notamment des proches du président Bachar al-Assad, représente pour le cabinet Bush une opportunité à ne pas rater. Qui dans l’administration américaine demanderait plus ? En effet, les Américains se sont pressés à convoquer le conseil de sécurité de l’ONU qui s’est tenu hier afin d’accentuer la pression sur la Syrie. Pour eux, le rapport est une «bénédiction». Washington envisage déjà des sanctions contre la Syrie avant même que l’enquête ne soit bouclée.
La France, quant à elle, a souhaité une résolution de l’Onu pour "exiger" la coopération de la Syrie, mais qui laisserait à Damas une dernière chance avant de possibles sanctions.
Le Premier ministre britannique, Tony Blair, a, lui aussi, refusé d’exclure la prise de sanctions contre la Syrie, insistant sur la gravité des faits allégués. «Je ne pense pas qu’on puisse exclure quoi que ce soit,» a-t-il déclaré sur la chaîne d’information Sky News. Par ailleurs, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, a indiqué à Washington que les Pays-Bas seraient prêts à accueillir un procès international pour juger les suspects dans l’affaire Hariri, à l’issue d’entretiens avec la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice.
Le conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères, Riad Daoudi a affirmé le 22 octobre que la Syrie "est prête à coopérer avec l’Onu pour clarifier le contenu du rapport" Mehlis, mais que son pays se réserve le droit de "voir dans quel cadre et dans quelles limites" cette coopération peut avoir lieu.
La presse syrienne a accusé mardi les Etats-Unis de vouloir condamner la Syrie "malgré sa disposition à coopérer. «La Syrie a fait preuve de coopération et continuera à le faire dans l’enquête à condition que ses intérêts nationaux soient préservés,» affirme le journal gouvernemental Techrine.
Le quotidien souligne que la Syrie a toujours respecté les résolutions internationales, notamment la résolution 1559 demandant le retrait de ses troupes du Liban.
Rappelons que Damas avait mis en cause la crédibilité du rapport Mehlis. Elle a estimé que le rapport était "politisé" et "éloigné de la vérité". Le rapport, rendu public jeudi, invite la Syrie à coopérer avec la commission d’ici le 15 décembre, date de la fin de la mission Mehlis. Interrogé sur la possibilité d’auditionner des témoins syriens hors de Syrie, M.Daoudi s’est montré prudent. «Si cela est nécessaire nous l’examinerons», a-t-il dit. Il a souligné que contrairement au Liban, la Syrie n’a pas signé un protocole d’accord avec la commission d’enquête.
«La signature d’un tel protocole pourrait être le test d’une coopération syrienne. C’est la signature d’un tel protocole qui a permis une coopération étroite entre les autorités judiciaires libanaises et la commission,» relève un spécialiste de droit international, Sami Salhab. «Cette coopération a permis la prise de mesures concrètes au Liban qui ont servi l’enquête. La question est de savoir si la Syrie est prête à une coopération similaire,» a-t-il déclaré.

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