La victoire est en vue, selon l’Otan et Karzaï

La victoire dans la lutte contre les talibans en Afghanistan est à portée de main si la communauté internationale augmente ses efforts pour «sortir le pays du Moyen Âge», ont estimé mercredi l’Otan et Hamid Karzaï.
Lors d’une conférence organisée à Bucarest avant l’ouverture du sommet de l’Otan, le président afghan et les responsables de l’Alliance atlantique ont débattu de la situation sécuritaire dans ce pays sept ans après l’intervention internationale de 2001 contre le régime taliban. Alors qu’une partie l’opinion publique, confortée en cela par l’analyse extrêmement pessimiste d’anciens officiers américains, se demande si la coalition ne connaît pas en Afghanistan un enlisement similaire à celui des Etats-Unis aux Viêtnam, c’est une tout autre image qu’ils ont donnée. «Le succès est en vue, l’échec n’est pas une option», a déclaré Karzaï, tout en tendant la main aux talibans afghans réfugiés au Pakistan qui sont «les bienvenus» s’ils reviennent dans leur pays. «La partie difficile est derrière nous».
Pour lui, il faut voir où en était l’Afghanistan en 2001 et celle qui prévaut maintenant : «Nous sommes partis de rien».
Il a cité la «libération» du pays, le retour d’un demi-million de réfugiés, la scolarisation de six millions d’enfants, une croissance économique de 10%, la construction de 4.000 km de routes, la tenue d’élections, la reconstruction de l’Etat, la montée en puissance de l’armée afghane, l’extension de services de santé et l’amélioration globale de la sécurité. Le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a abondé dans le même sens en estimant lors de cette conférence organisée par le German Marshall Fund qu’il y avait désormais une relative sécurité, les villes étant à l’abri de la violence. «Je n’hésite pas à dire que nous avons fait d’importants progrès», a-t-il dit en estimant que le développement du pays qui en était «au Moyen Âge» prendrait «plus d’une génération». Pour l’Alliance atlantique, la perception générale de l’opinion publique est faussée par un manque d’informations.
«Nous devons faire plus d’efforts pour communiquer sur nos succès», a estimé le secrétaire général de l’Otan. Mais tous sont tombés d’accord: la communauté internationale doit faire plus pour éviter un retour en arrière.
«Nous faisons des progrès, mais nous n’avons pas assez fait de progrès irréversibles pour nous permettre de nous désengager», a dit le Premier ministre canadien Stephen Harper. A l’instar du président américain George Bush, ils demandent des renforts pour la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), qui compte actuellement 47.000 hommes.

• Yves Clarisse (Reuters)

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