L’affaire Bozizé au centre du conflit

François Bozizé sera-t-il ou non extradé vers son pays pour être jugé, comme le souhaite le président centrafricain Patassé? La question est pour le moment loin de faire l’unanimité, le Tchad refusant toujours de livrer celui qu’il considère comme un «exilé politique». Les tractations diplomatiques, engagées depuis l’éclatement de la crise il y a trois semaines, ont pour le moment tourné au dialogue de sourds… Soupçonné d’avoir participé à la tentative de coup d’Etat contre le président Patassé le 28 mai dernier, François Bozizé, réfugié au Tchad, a été directement mis en cause par la Commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ce putsch manqué. Cette commission, qui suscite de plus en plus de critiques au vu des nombreuses arrestations arbitraires qu’elle a ordonnées, se targue d’avoir en sa possession 70 détenus en voie d’être présentés à la justice et 628 autres jugés par contumace. Démentant tout rôle dans le complot, le général Bozizé a quant à lui rétorqué qu’il avait lui-même aidé le président à déjouer des mutineries en 1996, 1997, et en mai 2001. Cela n’a en tout cas pas empêché Ange-Félix Patassé de le limoger fin octobre et de lui retirer le grade de général le 14 novembre dernier. La prochaine étape serait de le récupérer. Pour ce faire, Bangui multiplie les garanties. En vain. L’ONU intervient alors par le biais de son représentant, Lamine Cissé, qui a déclaré après une visite jeudi dernier au Tchad que cette affaire était beaucoup plus complexe. «Il y a beaucoup de problèmes ethniques. François Bozizé a passé cinq ans à la tête de l’armée. Il est du Nord comme le président Patassé, mais pas de la même ethnie. Beaucoup de militaires appartiennent à l’une ou l’autre ethnie. C’est une question délicate dont il faut tenir compte», a expliqué l’émissaire de la paix. En attendant que son sort soit –peut-être – décidé lors des prochains pourparlers, le général Bozizé reste pour sa part à Sahr, dans le sud du Tchad, une région pétrolifère à la stabilité fragile, directement menacée par l’embrasement du conflit.

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