L’Afrique a toujours faim

De nombreux pays d’Afrique subsaharienne sont encore victimes de graves pénuries alimentaires même si la situation globale est meilleure que l’an dernier, selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Due aux catastrophes naturelles mais aussi aux nombreux conflits, la famine sévit encore dans de nombreux pays. Dans la région des Grands Lacs, la Somalie et la RDC semblent d’ailleurs les plus touchées. La première car la sècheresse a entraîné une très forte baisse des récoltes en 2001. La population victime de difficultés alimentaires y est en effet estimée à 800.000 personnes, dont 300.000 essentiellement dans les régions du sud. L’embargo sur les importations de bétail touché par la fièvre dans la Vallée du Rift, entraîne aussi des pertes de revenus importantes pour ce pays. En République du Congo, inaccessible pour les ONG en raison de l’insécurtié, plus de 2,5 millions de personnes déplacées vivent dans la misère et la faim. Non seulement le conflit bouleverse les activités agricoles, mais il accentue surtout le taux de malnutrition infantile… Et donc de mortalité, onze enfants mourant chaque jour en RDC. En Afrique de l’Est, la situation alimentaire s’est par contre améliorée, avec l’annonce de bonnes récoltes, compte tenu des conditions climatiques favorables. En Ethiopie, Erythrée et au Kenya, les populations pastorales continuent cependant de dépendre de l’aide alimentaire à cause des effets de la sécheresse persistante depuis trois ans. La précarité est également de mise en Afrique australe. Au Zimbabwe, de graves difficultés d’approvisionnement sont signalées dans le sud, l’est et l’extrême nord où la production a été réduite. Une pénurie qui touche autant les ruraux – plus de 700.000 selon le rapport -que les urbains victimes d’une hausse des prix des denrées alimentaires. En Angola, la FAO estime par ailleurs que 1,34 million de personnes ont besoin d’une aide humanitaire. Au Mozambique, 100.000 personnes. Un constat alertant dont seule l’Afrique de l’Ouest semble ne pas être victime. Le Burkina Faso, la Gambie et le Niger ont en effet eu des récoltes record cette année. Par contre, au Cap-Vert, en Mauritanie et en Guinée-Bissau, les denrées sont encore loin de subvenir à toute la population. Si la FAO a constaté quelques résultats encourageants dans certaines régions africaines par rapport à l’année passée, nombreux sont encore les populations qui souffrent de malnutrition et de famine. Les plus touchées : celles qui subissent des déplacements forcés, la destruction de leurs récoltes, prises dans l’engrenage de conflits armés paralysants.

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