L’armée reprend le contrôle d’une zone du Darfour

L’armée soudanaise a affirmé mercredi avoir repris aux rebelles la zone de Djebel Moun, dans l’ouest du Darfour, à l’issue d’une opération lancée mardi et au cours de laquelle elle a perdu huit soldats. Le porte-parole de l’armée, Othman Mohammed al-Aghbach, a affirmé dans une déclaration publiée vendredi par les médias soudanais que l’armée était en «train de ratisser la région de Djebel Moun que le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM, rébellion) prétendait contrôler».
Il a estimé que cette région était devenue une «cible légitime» pour l’armée qui contrôle désormais, selon lui, cette zone située près de Geneina, capitale de l’ouest du Darfour. Aghbach a expliqué que l’armée ne pouvait pas rester les bras croisés devant les actions du JEM, qui a coupé, avec l’aide du Tchad, la route entre Geneina et la ville de Kilbus, plus au nord, isolant cette dernière ainsi que la ville de Tina.
Le JEM menaçait également les avions «y compris civils» survolant la zone après avoir été équipé, selon lui, de moyens antiaériens par le Tchad et multipliait les attaques contre les convois humanitaires. Le porte-parole a indiqué que l’armée avait enregistré huit tués et 15 blessés en son sein durant l’opération et que le JEM avait subi de «lourdes pertes » en cours d’évaluation. Il s’agit de la deuxième opération en quelques semaines contre le JEM au Darfour, région de l’ouest du Soudan en guerre civile. Le conflit et ses conséquences ont fait quelque 200.000 morts en cinq ans, selon des organisations internationales et plus de 2 millions de déplacés.
Les autorités soudanaises contestent le nombre de morts, parlant de seulement 9.000 victimes dans cette zone qui attend toujours une accélération du déploiement d’une force de l’ONU et de l’Union africaine qui doit comprendre au total 26.000 soldats, policiers et autres personnels. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé des bombardements aériens, mardi, dans l’ouest du Darfour et dit avoir recueilli des réfugiés passés au Tchad. «Le HCR a été forcé de retirer de la zone frontalière son équipe chargée des réfugiés arrivant dans la région de Birak (Tchad) à la suite de bombardements aériens durant la nuit et la matinée dans l’ouest du Darfour», a annoncé devant la presse la porte-parole du HCR à Genève, Jennifer Pagonis.
Sept réfugiés, arrivés au Tchad pendant la nuit, ont rapporté que le camp de déplacés d’Aro Charo, situé au nord de Djebel Moun, avait été pris pour cible durant les bombardements. Depuis le début de la guerre civile en 2003, plus de 200.000 réfugiés du Darfour ont gagné le Tchad.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *