L’Asie marque le premier anniversaire du Tsunami dans le recueillement


A 08H16 (01H16 GMT) précises, la province indonésienne d’Aceh – la plus meurtrie car située à proximité immédiate de l’épicentre du séisme de magnitude supérieure à 9 – a observé une minute de silence à la mémoire des 168.000 morts ou disparus dans l’archipel.

Face à un parterre d’environ 500 personnes, parmi lesquelles des représentants de dizaines de pays étrangers, le chef de l’Etat indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, a salué "la force et le courage" des rescapés.

"Vous nous rappelez que la vie est belle et qu’elle vaut la peine de lutter pour elle", a-t-il lancé lors d’une cérémonie près de la capitale provinciale.

Le président a également symboliquement activé une sirène d’alerte au tsunami, dont les pays riverains de l’océan Indien s’équipent progressivement et qui aurait sans doute permis de sauver de nombreuses vies.

Dans une déclaration pré-enregistrée, le président américain George W. Bush a insisté sur l’aide apportée par son pays tandis que le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a estimé dans son message que les plus grands défis restaient à relever.

"Les soutiens de famille ont terriblement besoin de retrouver leur gagne-pain. Des centaines de milliers de familles ont besoin de s’installer à nouveau dans un foyer permanent et les villages doivent être reconstruits", a déclaré M. Annan.

Sur le terrain, la tâche reste énorme et des centaines de milliers de personnes sont toujours sans abri ou ne peuvent compter que sur des logements de fortune tandis qu’une partie de l’aide (dix milliards de dollars) peine à parvenir aux bénéficaires souvent en raison de pesanteurs bureaucratiques ou de manquements des donateurs.

Les Etats-Unis, qui avaient promis 350 millions de dollars, en avaient versé 137 millions au 22 décembre, selon des chiffres des Nations unies.

En Thaëlande, les cérémonies ont aussi débuté par une minute de silence et des dépôts de fleurs sur six plages où les vagues meurtrières avaient déferlé il y a un an.

Des milliers de Thaëlandais et d’étrangers, rescapés et familles de victimes, ont ainsi honoré la mémoire des quelque 5.400 défunts dans ce pays parmi lesquels 2.248 étrangers de 37 nationalités différentes.

En fin d’après-midi, le Premier ministre thaëlandais Thaksin Shinawatra a posé la première pierre d’un mémorial dédié aux victimes de la catastrophe.

"Peu importe notre pays ou notre nationalité, considérons ce (projet) comme quelque chose qui nous appartient à nous tous, citoyens du monde", a déclaré M. Thaksin lors d’une cérémonie au Parc National Lam-Ru de Khao Lak (sud).

Pour les familles de victimes et les rescapés, les plaies sont loin d’être pansées et certaines attendent encore confirmation de l’identité de disparus.

Selon les responsables des équipes chargées de l’identification, 805 corps ou parties de corps n’ont toujours pas de noms.

A Bang Nieng, des centaines de visiteurs ont fait la queue, sous un soleil de plomb, pour signer des registres de condoléances à l’ombre d’un navire de patrouille de la police thaëlandaise devenu un monument-symbole après avoir été pulvérisé et rejeté par le tsunami à un kilomètre à l’intérieur des terres.

"Tu nous manques chaque jour", indique l’un des messages tandis qu’un autre demande simplement : "Pourquoi?" En Inde, des milliers de personnes ont rendu hommage lundi matin aux quelque 16.000 morts et disparus. Sur l’île de Car Nicobar, dans les archipels des Andaman et Nicobar, des milliers de rescapés, pour la majorité membres de tribus, ont marché à l’aube pour se recueillir à la mémoire des victimes.

A Nagapattinam, le district le plus détruit dans l’Etat du Tamil Nadu (sud), la population a observé une minute de silence à 9H17 (03H47 GMT), heure exacte à laquelle le raz-de-marée a frappé et un parc avec 6.065 pousses d’arbres – une pour chaque mort – a été inauguré en présence de milliers de personnes.

Enfin, au Sri Lanka, qui déplore quelque 31.000 décédés, le nouveau président Mahinda Rajapakse a présidé les commémorations dans le village de Peraliya (sud de Colombo) où plus de 1.000 passagers d’un train avaient été engloutis par les eaux en quelques secondes.

Au cours de la cérémonie organisée malgré la crainte d’attaques rebelles, M. Rajapakse a promis d’accélérer les travaux de reconstruction deux jours après que son gouvernement eut reconnu que seul un cinquième des maisons endommagées avaient été reconstruites depuis un an.

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