Le Canada entre légalisation du cannabis et réduction du tabagisme

Le Canada entre légalisation du cannabis  et réduction du tabagisme

La consommation du produit va générer de la croissance à la richesse du pays

A six mois de la légalisation de la consommation de la substance, fixée au 1er juillet 2018, l’apport de cette activité dans le Produit intérieur brut (PIB) canadien est difficilement mesurable.

Le dossier de la légalisation de la consommation du cannabis continue à être au cœur des débats politiques au Canada.  Sur le plan économique, la légalisation de cette drogue devrait permettre d’intégrer l’économie souterraine du cannabis dans le contexte de l’économie structurée. A six mois de la légalisation de la consommation de la substance, fixée au 1er juillet 2018, l’apport de cette activité dans le Produit intérieur brut (PIB) canadien est difficilement mesurable. Mais ce qui est sûr, selon Statistique Canada, c’est que la légalisation de la consommation du produit va générer de la croissance à la richesse du pays.

Pour l’heure, sur la base des enquêtes menées en amont, les estimations des économistes prévoient «un million de personnes consommant en moyenne chaque jour un gramme de cannabis au prix moyen de 8 dollars canadiens, hors taxes. C’est donc une dépense de près de 3 milliards de dollars canadiens qui devrait venir s’ajouter au poste consommation des ménages dans le PIB canadien», est-il indiqué. En outre, il faudra comptabiliser les données de la production, des importations et des exportations.  Pour le moment, la valeur générée par la production, l’importation et la consommation de cannabis au Canada ne sont pas intégrées dans le PIB canadien, ces activités étant encore illégales jusqu’au 30 juin 2018.

En attendant, le dossier dit projet de loi «C-45» a été adopté tout dernièrement par la Chambre des communes. Reste maintenant au Sénat de l’examiner et l’adopter. Il semble que ce ne sera pas comme une lettre à la poste. Le chef du parti conservateur du Canada (1er parti d’opposition), Andrew Scheer, a indiqué que le caucus conservateur emploiera tous «les outils démocratiques» pour bloquer l’adoption de ce texte de loi. Ce qui pousse plusieurs sénateurs à mettre en doute la possibilité que la loi entre en vigueur dès le 1er juillet 2018.

Outre la légalisation de la consommation du cannabis, le projet de réduire le tabagisme à 5% de la population d’ici 2035, par rapport à plus de 14% actuellement, est aussi au cœur du débat politique canadien.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement d’Ottawa est appelé à hausser de plus de 17% les taxes sur les cigarettes, a rapporté la presse locale, citant un rapport commandé par le ministère de la santé. «Les taxes fédérales sur les cigarettes devraient passer de 68% à 80% d’ici 2036, pour qu’Ottawa puisse arriver à limiter le tabagisme à 6% de la population», est-il indiqué dans ce rapport.

Aucune décision n’a encore été prise jusqu’à maintenant. Le gouvernement fédéral devrait présenter sa nouvelle stratégie contre le tabagisme d’ici mars 2018. Au niveau du commerce des cigarettes, la contrebande reste également encore à endiguer.

Insolite

En attendant la légalisation de sa consommation le 1er juillet 2018, seule la vente de cannabis à des fins thérapeutiques est autorisée au Canada. Malgré cette restriction légale, une petite entreprise canadienne a eu l’idée, à l’approche des fêtes de fin d’année, de proposer un calendrier de l’avent dans lequel le traditionnel chocolat est remplacé par du cannabis. Alors que ses dirigeants s’attendaient à 20 ou 30 commandes, ils ont déjà commercialisé 700 calendriers. Vendus entre 200 et 230 dollars canadiens l’unité, les calendriers proposés en plusieurs versions sont garnies soit de 26 grammes de différentes sortes de cannabis à fumer, soit de gâteaux et sucreries au cannabis. Le produit connaît un véritable succès et l’entreprise est ainsi débordée par une forte demande. Près de 2.000 commandes sont encore à honorer.  Au niveau institutionnel, avant même la légalisation du cannabis le 1er juillet prochain, les autorités canadiennes communiquent sur le danger de conduire en ayant fumé du cannabis. Face aux inquiétudes de l’opinion publique et des policiers, une campagne contre le cannabis au volant a été lancée. Selon l’Institut canadien de la statistique, plus de 3.000 accidents ont été causés par une conduite sous l’effet d’une drogue, en augmentation de 11% sur un an. Comme pour la conduite en état d’ivresse, le gouvernement entend afficher zéro tolérance face aux automobilistes sous l’effet des drogues et notamment du cannabis.

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