Le chanteur français Henri Salvador n’est plus

Le chanteur français Henri Salvador n’est plus

Le vétéran de la chanson française avait composé et interprété d’innombrables succès populaires tels que «Syracuse», «Une chanson douce», «Zorro est arrivé», «Le lion est mort ce soir», «Faut rigoler», «Juanita Banana», «Le travail, c’est la santé». Né le 18 juillet 1917 à Cayenne (Guyane), il avait fait ses adieux à la scène au Palais des congrès à Paris en décembre 2007, au terme d’une carrière d’une longévité et d’un éclectisme exceptionnel.
Formé à l’école des grands musiciens noirs américains et de Django Reinhardt, c’était un guitariste accompli mais aussi un artiste multiple : «J’ai fait du jazz, des sketches, des chansons drôles, des comptines, du music-hall, de la télévision», aimait-il répéter. Avec Boris Vian, il avait introduit le rock en France («Rock Hoquet», 1957) et composé quelques perles dont «Rock and roll mops» et «Le blues du dentiste».
A partir de 1961, le chanteur offre à la télévison de grands shows inimitables, «Salves d’Or» (1968), «Dimanche Salvador» (1973). Il devient aussi l’idole des enfants avec notamment «Les Aristochats» (troisième prix Charles Cros, 1971). Entre-temps, il fonde en 1962 avec sa femme Jacqueline sa maison de disques, puis deux ans plus tard sa marque «Rigolo». Vingt ans plus tard, il retrouve la scène à Pantin et la SACEM lui décerne le Grand prix de l’humour (1987). Inépuisable, le chanteur au rire tonitruant publie jusqu’à la fin plusieurs albums, «Monsieur Henri» (1994), «Chambre avec vue» (2000), «Révérence» (2006) , et se produit encore sur scène. En 2001, Henri Salvador avait épousé en deuxième noce la productrice de télévision Catherine Costa. Il avait publié son autobiographie «Toute ma vie» (1994), qu’il résumait d’une phrase : «Rigoler, c’est aussi un métier». Nommé Chevalier de la Légion d’honneur par le président François Mitterrand, Henri Salvador est élevé au rang de Commandeur de l’Ordre national du mérite par le président de la République Jacques Chirac lors d’une cérémonie de remise de décorations à l’Elysée.
Les professionnels de la musique le choisissent également, lors de la cérémonie de remise des Victoires de la Musique en février 2001, comme Interprète masculin de l’année et lui décernent aussi la Victoire de l’album de variété pour «Chambre avec vue». «C’est à mon retour de Guyane que je viens d’apprendre avec une infinie tristesse la disparition de l’un de ses enfants les plus éminents, mon ami Henri Salvador», a déclaré le président Nicolas Sarkozy dans un communiqué. «Ses refrains et sa voix de velours inimitable continueront à nous bercer, encore longtemps», a-t-il ajouté, en évoquant une icône saluée par la jeune génération de la chanson française. «Son rire si caractéristique et sa personnalité solaire manqueront à des générations de Français bercés par sa chanson douce», a de son côté relevé le Premier ministre François Fillon dans un autre communiqué. «Son extraordinaire longévité artistique, des années 30 à son dernier album Révérence en 2006, force l’admiration et a fait de lui l’un des artistes français les plus célèbres», a-t-il souligné.

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