Le combat de Shalom contre Netanyahou

Le combat de Shalom contre Netanyahou

La situation d’Ariel Sharon, depuis la déclaration de son nouveau parti, appelé tout d’abord «Responsabilité nationale», puis à présent «Kadima» (En avant), cherche à recruter des militants de son ancien parti «Likoud». Parmi les 70 chefs d’agences locales, 5 seulement ont démissionné pour rejoindre Sharon. Et seuls 4 maires de villes ont décidé de s’allier au nouveau parti. L’un a déclaré : «J’ai toujours été avec le chef du gouvernement et je continuerai, toujours, à aller derrière lui ». Un autre plus sceptique, dit : «Au cours des années, j’ai toujours appuyé Sharon. Il est pour moi un grand homme qui sera, certainement, le prochain chef du gouvernement. Je suis né et j’ai grandi au Likoud. Pour passer à un autre parti politique, mon cœur me pose un problème». Il s’agit de la situation à laquelle s’affrontent les dirigeants locaux du Likoud, qui sont incapables de décider de passer au nouveau parti «Kadima», de Sharon.
Les différents concurrents de Netanyahou à la présidence du Likoud entament, de leur côté, une véritable bataille. Le ministre de la Défense, Shaül Mofaz, après avoir hésité à trois reprises, décide de rester dans son ancien parti, et déclare : «Je l’emporterai». Netanyahou se contente d’assurer : «Je ramènerai les électeurs à la maison». Par contre le troisième principal concurrent, -ils sont 6 au total-, Sylvain Shalom, sûr de lui, prétend «Nul, à part moi, ne peut éviter l’effondrement du Likoud». Il s’agit d’un combat pour prendre l’héritage de Sharon. Dès qu’il a libéré son siège de président, la calomnie s’est développée: Mofaz attaque Netanyahou et Sylvain Shalom se dit le seul «en mesure de sauver le parti scindé». En attendant, dès son entrée dans l’arène, Sylvain Shalom lance une attaque contre ses deux principaux adversaires qu’il accuse de détruire, par leur lutte mutuelle, les chances du Likoud. D’autant que ces querelles entraînent, semble-t-il, une désertion des électeurs du Likoud : vers Ariel Sharon voire, vers Amir Peretz. Les partisans du nouveau président du parti travailliste (Avoda) souhaitent, de leur côté, une victoire de Netanyahou, car «il sera plus facile ensuite à abattre que Sylvain Shalom ou Shaül Mofaz».Netanyahou présente un programme politique extrémiste et Mofaz un programme social «révolutionnaire» : Tous deux desservent la cause du Likoud. D’autant que Mofaz affirme que Netanyahou, né riche, pousse des dizaines de milliers d’électeurs naturels du Likoud vers la pauvreté.
Mofaz qui a connu la misère dans son enfance, s’estime capable de ramener les pauvres électeurs vers le parti. Sylvain Shalom affirme, également, que Netanyahou a «une mauvaise politique économique pour le pays», et Mofaz que l’ancien Premier ministre «ne sait pas ce qu’est la compassion». Les journalistes de la grande presse marquent leur étonnement devant une telle attitude à l’égard de Netanyahou auquel Mofaz et Shalom ont apporté leur soutien lorsqu’il était ministre des Finances ultra-libéral. Ruth Sinaï, dans Haaretz, va encore plus loin «leurs tentatives de se distinguer de Netanyahou, – le richard du quartier par rapport à eux les démunis -, sont loin de refléter la réalité : Sylvain Shalom oublie qu’il a épousé une des femmes les plus riches et habite un des quartiers les plus chics du pays. Shaül Mofaz affirme que la détresse économique n’est pas moins dangereuse que les menaces extérieures, en cachant qu’il s’est opposé à la réduction du budget de la Défense en faveur des budgets sociaux limités». Il est donc évident que Sylvain Shalom, en disant que la politique de Benyamin Netanyahou n’est pas conforme à l’idéologie du Likoud, il oublie qu’en sa qualité de ministre des Finances (avant de prendre les Affaires étrangères) il a entamé la réduction exagérée des budgets sociaux de l’Etat. C’est lui qui, en 2002, avait décidé la réduction de 4% de toutes les allocations sociales. En réduisant les indemnités de chômage, en supprimant des aides pour les monoparentales, par exemple. Sylvain Shalom était allé jusqu’à justifier ces restrictions, en tant que «nécessité impérieuse imposée par la dépression économique et l’Intifada», avait-il dit. La réalité de la situation du parti du Likoud, abandonné par Ariel Sharon, sera connue le 19 décembre prochain. Date à laquelle les 130 000 membres du Likoud éliront le président du parti. Le 3 janvier 2006, les 3 000 membres du Comité central vont se battre entre eux, pour établir une liste électorale du Likoud à présenter aux prochaines élections législatives. Mais, selon les sondages publiés dès la création du nouveau parti de Sharon, celui-ci aurait 30 à 33 députés, le parti travailliste 28 et le parti Likoud 12 à 15 députés (au lieu de 40 députés dans le Parlement actuel !). 
Donc le nouveau président de l’ancien grand parti de droite n’a aucune chance d’être un chef de gouvernement. Par contre Mofaz, comme Netanyahou, et plus encore Sylvain Shalom, demeurent assurés de reconstituer leur «grand parti de droite», Sharon à 78 ans, en 2006, n’ayant aucune chance de mener son parti «Kadima», au-delà de 2010 …

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