Le Danemark, entre efforts diplomatiques et protection de ses ressortissants

Lundi, le ministère danois des Affaires étrangères a déconseillé aux Danois d’effectuer des voyages qui ne sont pas "absolument nécessaires" dans 14 pays musulmans, parmi lesquels l’Egypte, l’une des destinations favorites des vacanciers du royaume en hiver.
Une situation inquiétante pour le secteur du tourisme qui est "désormais sérieusement affecté par les développements dramatiques de l’affaire des caricatures de Mahomet au Moyen-Orient", estime Take Off, une lettre d’information sur les voyages.
Plus de 3.000 Danois qui avaient prévu cet hiver des vacances en Egypte, mais aussi en Tunisie et au Maroc, pays figurant également sur la liste, vont devoir renoncer à leurs séjours, selon Stig Elling, directeur du tour-opérateur Star Tour.
Samedi, des manifestants ont saccagé l’ambassade danoise à Damas et incendié l’immeuble l’abritant. Dimanche, le même scénario s’est reproduit pour le consulat danois à Beyrouth. Il y a eu un mort par asphyxie parmi les manifestants et une cinquantaine de blessés.
Dans les deux cas, Copenhague a immédiatement réagi en appelant ses ressortissants à quitter le pays.
Le ministre danois des Affaires étrangères Per Stig Moeller s’est dit "horrifié" dimanche face à la montée de la violence au Moyen-Orient et lors d’une conférence de presse à Copenhague, il a indiqué avoir pris contact avec le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan et des dirigeants politiques – arabes et occidentaux – et religieux.
Dans les heures qui ont suivi, M. Annan, "alarmé" par les mouvements de protestations contre les caricatures, a appelé au calme, estimant que "le ressentiment ne pouvait pas justifier la violence".
Le chef de la diplomatie danoise a aussi appelé ses homologues syrien et libanais "pour leur dire qu’il relevait de leur responsabilité" d’assurer la sécurité des ambassades qui ont été saccagées.
"Et j’ai clairement dit que nous souhaitions une enquête révélant comment cela a pu se produire", a-t-il souligné.
Les manifestations se poursuivaient lundi dans le monde.
En Afghanistan un homme a été tué et au moins quatre blessés à Mihtarlam (est). Un millier de personnes ont réclamé la fermeture de l’ambassade du Danemark.
En Indonésie, plus grand pays musulman du monde, des rassemblements de protestation ont également eu lieu dans plusieurs villes et notamment à Jakarta, la capitale, devant l’ambassade du Danemark.
En Thaëlande, plus de 200 personnes ont manifesté pacifiquement devant l’ambassade du Danemark à Bangkok, exigeant des excuses de Copenhague.
Enfin, en Irak, 2.000 chiites ont réclamé une fatwa (avis religieux) de leurs dirigeants religieux autorisant l’assassinat des auteurs des caricatures.
Pour tenter d’apaiser la colère des musulmans, Per Stig Moeller, a proposé de se rendre au siège de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
Cette proposition a été accueillie favorablement par l’OCI qui a déploré dimanche les attaques contre les ambassades du Danemark et de la Norvège à Damas, les qualifiant de "réactions démesurées" portant gravement atteinte à l’image de l’islam.
La Norvège, dont l’ambassade à Damas a également été mise à sac samedi et l’immeuble qui l’abritait incendié, a demandé aux autorités syriennes des indemnisations.
"Ce qui est arrivé en Syrie est totalement inacceptable. Nous allons demander à la Syrie des indemnisations et nous porterons l’affaire devant l’Onu", a déclaré dimanche le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg.
La Norvège a aussi appelé ses ressortissants à quitter la Syrie samedi.
La publication des caricatures controversées remonte au 30 septembre, par le quotidien danois Jyllands-Posten.
Les dessins ont ensuite été reproduits dans le petit magazine chrétien norvégien puis, ces derniers jours, dans de nombreux journaux européens.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *