Le dossier médical d’Arafat quitte Paris

Le dossier médical d’Arafat quitte Paris

La loi française permet à Nasser Al-Quidwa la liberté de faire ce qu’il entend du dossier médical de Yasser Arafat quand il sera en sa possession. Selon des responsables palestiniens, il devrait le remettre à l’Autorité palestinienne. Cette dernière souhaite avoir des éclaircissements sur les causes de la mort du dirigeant palestinien, alors que les rumeurs d’empoisonnement d’Abou Ammar par Israël continuent à circuler en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Toujours selon la loi française, c’est à la direction de l’hôpital militaire Percy de Clamart (région parisienne) – où Yasser Arafat est décédé le 11 novembre après 14 jours d’hospitalisation – que revient le droit de remettre le dossier médical, après vérification de la validité de la requête. Tout au long de la semaine dernière, les avocats de Mme Souha Arafat laissaient entendre que seuls «les enfants et la veuve» pouvaient être destinataires du dossier. «En tant que juristes, nous estimons que les ayants droit sont les héritiers d’après la loi, donc les enfants et la veuve »», avaient-ils déclaré. La rétorque est venue du porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau, qui avait indiqué dans la nuit de vendredi à samedi que le neveu de Yasser Arafat, de par «son statut d’ayant droit, aurait le dossier médical» de l’ancien président de l’Autorité palestinienne s’il en faisait la demande.
Vendredi, l’avocat de Souha Arafat, Me Jean-Marie Burguburu, avait affirmé qu’un hôpital «en principe» n’avait pas le droit de faire des copies du dossier médical d’un défunt et de les remettre à tout membre de la famille qui le réclamerait. L’avocat a refusé de révéler le contenu du dossier médical récupéré vendredi par la veuve de Yasser Arafat. Selon lui, Souha Arafat réfléchit à l’éventualité de rendre public ce dossier.
Samedi, un autre membre de la famille de Yasser Arafat, Mohsen Arafat, demi-frère du défunt, s’est prononcé pour la publication du dossier médical. «Politiquement, c’est le droit du peuple palestinien» de connaître les causes du décès de l’ancien président de l’Autorité palestinienne, a déclaré le demi-frère à la chaîne de télévision arabe «Al-Arabiya». «nous sommes prêts à remettre le dossier à l’Autorité palestinienne». Le Premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a promis de son côté de rendre publiques les causes du décès de Yasser Arafat. «Lorsque nous obtiendrons ce dossier, (…) nous communiquerons au peuple palestinien tous les détails concernant la santé du président Arafat et ce qui a conduit à sa mort », avait déclaré vendredi à la presse M. Qoreï. Depuis plusieurs jours, en fait, des rumeurs persistantes circulent dans l’opinion palestinienne et dans le monde arabe, selon lesquelles le chef historique des Palestiniens aurait été empoisonné par Israël. Toujours est-il que M.Al-Quidwa est censé remettre, dès son retour dans les territoires palestiniens, le dossier médical à un comité ministériel mis en place pour enquêter sur les causes du décès de Yasser Arafat. Pendant ce temps-là, les Palestiniens attendent toujours des Américains une relance du processus de paix dans le cadre de la «feuille de route».
William Burns, secrétaire d’Etat adjoint américain chargé du Proche-Orient, est arrivé dimanche en Cisjordanie pour rencontrer à Ramallah la direction intérimaire palestinienne. Il s’agit de la première visite d’un officiel américain de haut niveau dans les territoires palestiniens depuis de longs mois. William Burns, qui avait auparavant rencontré le conseiller israélien à la sécurité nationale, doit préparer à Ramallah le terrain à l’arrivée, plus tard dans la journée, du chef de la diplomatie américaine Colin Powell, signe d’un regain d’intérêt américain pour la région après la mort de Yasser Arafat.
Les Palestiniens attendent beaucoup de leurs visiteurs américains. Selon le ministre chargé des négociations, Saeb Erekat, ils espèrent que Washington fasse pression sur Israël pour que les forces de Tsahal se replient des zones palestiniennes investies pendant les batailles de l’Intifada, afin de garantir le bon déroulement des élections palestiniennes prévues le 9 janvier. A moins que le dossier médical d’Arafat ne révèle des surprises qui risquent de tout remettre en cause au sein des multiples factions palestiniennes.

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