Le feuilleton Ben Laden relancé

Les Etats-Unis ont indiqué mardi ne pas pouvoir confirmer les informations concernant la bonne santé actuelle du chef d’Al-Qaïda et fournies la veille par le rédacteur en chef d’un quotidien arabe édité à Londres.
Selon la porte-parole du Pentagone, Victoria Clarke, «presque chaque semaine, un pays différent détient la dernière rumeur (…) en fait, nous n’avons pas de véritable information». La dernière «rumeur» en date donc de lundi. Selon Abdel-Bari Atouan, Ben Laden avait été blessé par un éclat d’obus en décembre lors de l’assaut mené par les forces américaines contre les grottes de Tora Bora, dans l’est afghan. Et le rédacteur en chef de Al-Qods Al-Arabi d’ajouter que «son entourage indique qu’il est aujourd’hui en bonne santé». Les proches de Ben Laden auraient précisé que ce dernier ne prévoyait pas d’intervenir par le biais d’une cassette vidéo dans l’immédiat. «Il ne fera une nouvelle apparition que lorsque ses partisans auront à nouveau attaqué les Américains», a assuré Atouan, alimentant encore une fois les spéculations concernant le chef terroriste.
Coup de pub ou véritable révélation ? Ces propos sont en tout cas venus s’ajouter aux multiples interventions quant à l’état de santé et aux capacités de nuire de l’ennemi public n°1 des Etats-Unis, dont la tête est toujours dotée de quelque 25 millions de USD. A l’image d’Atouan, la presse internationale se mêle d’ailleurs régulièrement de l’enquête actuellement menée par les services de renseignement des quatre coins du monde. Ne serait-ce que la semaine dernière, trois médias ont fait du Saoudien leurs titres à sensation. Le journal algérien El-Youm, tout d’abord, la chaîne satellitaire arabe MBC, ensuite, avaient relaté les propos de responsables de la nébuleuse terroriste.
Souleïman Bou Ghaith avait ainsi affirmé mardi que les « réseaux militaires et de renseignement (d’Al-Qaïda) évaluaient et contrôlaient de nouvelles cibles américaines (qu’elles frapperont) dans un laps de temps pas si éloigné». Et d’ajouter que ses «candidats au suicide étaient prêts et impatients de mener des attaques contre des cibles américaines et juives aux Etats-Unis et à l’étranger». Mercredi, le numéro deux d’Al-Qaïda, Abou Laïth Allibi, avait confirmé sur MBC que ses membres commençaient «une nouvelle phase dans la guerre contre les Américains, basée sur la destruction de bases (ennemies), la guerre de guérilla et la guerre des assassinats». Samedi enfin, le chef des services de renseignements allemands avait accordé un entretien au magazine Welt am Sonntag, dans lequel il affirmait être «convaincu que Ben Laden est toujours vivant».
Selon August Hanning, «il est toujours le chef de file symbolique d’Al-Qaïda, mais apparemment se déplace peu, et lorsqu’il le fait, c’est de manière extrêmement discrète». Des informations non détaillées mais qui laissent entendre que les enquêteurs allemands sont très bien informés sur les faits et gestes du milliardaire saoudien. Et ce alors que le président américain lui-même continue d’affirmer qu’il ignore tout du sort du leader terroriste. Qui en dit trop, qui n’en dit pas assez ? L’affaire Ben Laden ne reste encore pour l’heure qu’une énigme qui se prête au sensationnalisme.

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