Le GIA décapité ?

«Les forces de sécurité combinées ont réussi ces derniers jours à éliminer 15 dangereux terroristes dans la région de Tamezguida (…) suite à une information fournie par un terroriste arrêté dans la ville de Chiffa la semaine dernière», expliquait lundi le quotidien La Tribune, ajoutant que l’opération s’est déroulée dans une «confidentialité totale». Selon ses informations, le journal annonçait qu’au sein du groupe qui a subi l’assaut se trouvait Rachid Abou Tourab, accompagné de «sa garde personnelle», autrement dit le nouveau chef du Groupe islamique armé et ses proches.
Mercredi, le journal croyait donc savoir, «selon des sources dignes de foi», qu’un premier bilan effectué après la dernière opération de ratissage lundi faisait état de «l’élimination de 15 terroristes – parmi eux figure le chef du GIA – déchiquetés par les bombardements». «Leur identification ainsi que celle de leur chef ont pris beaucoup de temps et risquent de tarder à être annoncée officiellement», précisait La Tribune. Si l’information était confirmée, cette opération pourrait porter un coup dur à l’organisation. Abou Tourab, en succédant à Antar Zouabri, abattu le 8 février dernier, a en effet toujours affiché sa volonté de marquer de son empreinte le GIA.
Une empreinte plus sanguinaire encore que son prédécesseur, pourtant déjà connu pour sa cruauté, qui s’inscrit dans la ligne la plus radicale et violente du groupe armé. «Ni trêve, ni dialogue, ni réconciliation, ni sécurité, mais le sang, le sang, la destruction, la destruction», avait promis le nouvel émir lors de sa nomination le 30 mars dernier. «Nous continuerons à détruire leurs récoltes, à prendre leurs biens, à violer leurs femmes, à les décapiter dans les villes, les villages et les déserts» avait alors affirmé Abou Tourab dans ses menaces à l’encontre de la population, ces « impies et apostats».
Selon une enquête du Matin d’Alger (parue en avril), Tourab, «coursier et agent de liaison» lors de ses débuts au GIA, avait suivi ses deux frères dans le groupe armé. L’un avait été abattu en 1994, l’autre était devenu son bras droit sous le nom de Khaled El Farmach. D’après des témoins, Abou Tourab – Rachid Ouakili de son vrai nom – avait été blessé «en 1993 ou 1994» et hospitalisé avant d’être incarcéré pendant trois ou quatre mois». Sa date de naissance serait 1974 et il ne serait pas allé au-delà de la sixième année de scolarisation. Pourtant présenté comme une personne qui n’a «aucune envergure» par ceux qui l’ont côtoyé durant son enfance, Abou Tourab n’en a pas moins réussi à semer une nouvelle vague de terreur au sein de la population algérienne. Depuis mars, et alors que les autorités avaient annoncé en grandes pompes la fin du GIA, les massacres se sont multipliés dans l’ouest du pays, région d’implantation du groupe, notamment sur l’axe Aïn Defla-Tiaret-Saïda (160, 340, 430 km à l’ouest d’Alger). Ses victimes civiles mais aussi militaires, dépassent aujourd’hui le nombre de 800, selon la presse.
Une presse qui revenait aussi ce mercredi sur plusieurs autres opérations de ratissage, dont celle qui se déroule depuis dimanche dans la région d’Annaba, dans l’ouest, contre un autre chef, local celui-là, «le sinistre terroriste Nadir Megata, alias l’émir Abou Rafaâ». Les journaux ont aussi largement rapporté l’incident de mardi lorsqu’une explosion s’est produite au passage du train reliant Blida à Alger. «Attentat terroriste ou acte de malveillance ?», s’interrogeait le Matin qui penchait pour la thèse de l’attentat. Si Liberté préférait parler de «pétards», le quotidien s’indignait également de cet «acte de sabotage» qui a semé la panique parmi les voyageurs, tuant l’un d’entre eux (qui s’est jeté du train) et blessant grièvement un autre.

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