Le gouvernement obtient la confiance du Parlement

Le gouvernement libanais d’union nationale dirigé par Fouad Siniora a obtenu, mardi 12 août, la confiance d’une large majorité des députés après des débats houleux sur l’arsenal du Hezbollah.
Une large majorité de cent députés sur un total de 107 présents au moment du vote ont apporté leur soutien au gouvernement, a annoncé le président du Parlement, Nabih Berri. «Cent députés ont accordé leur confiance au cabinet, cinq ont voté contre et deux se sont abstenus», a dit Berri au terme du vote à main levée, tenu après cinq jours de débats. Le Parlement compte initialement 128 membres. Le siège du député Antoine Ghanem, assassiné en 2007, n’a pas été pourvu depuis. Un député indépendant, Hussein Husseini, a présenté sa démission avant le vote pour marquer son désaccord avec la situation politique. M. Berri n’a pas précisé s’il acceptait ou rejetait cette démission.
«Ensemble nous établissons une relation basée sur le respect et l’entente dans le cadre de la Constitution (…) Nous devons impérativement vivre ensemble pour reconstruire la structure nationale qui a été ébranlée», a déclaré Siniora dans une allocution précédant le vote. Il s’agit du premier gouvernement formé après une longue crise politique entre la majorité, soutenue par l’Occident et la plupart des pays arabes, et l’opposition, proche de Damas et Téhéran. La crise avait dégénéré en mai en affrontements violents, faisant 65 morts, et le pays avait failli basculer dans une nouvelle guerre civile. Le gouvernement a obtenu les voix des députés du Hezbollah – chef de file de l’opposition – qui, pour la deuxième fois depuis l’entrée de représentants de la formation chiite en 1996 au Parlement, accordent leur confiance à une équipe ministérielle.
Le Premier ministre s’est engagé à «œuvrer de toutes ses forces pour que ce gouvernement réussisse malgré son caractère exceptionnel et temporaire». Ce cabinet, dont la formation a nécessité 45 jours de tractations, est voué à démissionner après les élections législatives prévues au printemps 2009. Près de la moitié des 127 députés avaient participé au débat sur la déclaration de politique générale du gouvernement, dont la rédaction a achoppé sur la question de l’arsenal du Hezbollah, fer de lance de la lutte contre l’occupation israélienne du sud du Liban jusqu’au retrait d’Israël en mai 2000. Le Hezbollah insistait pour que la Déclaration mentionne clairement qu’il détenait le monopole de la résistance mais le document final a restreint l’emprise du mouvement chiite en affirmant l’autorité de l’Etat dans tous les dossiers, y compris les armes du Hezbollah.
La déclaration souligne «le droit du Liban et de son peuple, son armée et sa résistance à libérer sa terre dans les Fermes de Chebaa, les collines de Kfarchouba et Ghajar», localités frontalières du sud du Liban occupées par Israël. La majorité insiste pour que seul l’Etat puisse décider des questions de guerre et de paix et propose de débattre de l’armement du Hezbollah dans le cadre d’un dialogue national.

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